L’épopée de Gilgamesh, Éditions Diane de
Selliers, 24 x 33 cm,
280 p,
230 euros.
Qui ne
connaît l’épopée du premier héros de l’humanité, dont la rédaction en langue
sumérienne remonte à plus de deux millénaires avant notre ère ?
Redécouverte au XIXe siècle après les siècles d’oubli qui ont
suivi son succès immense dans le monde antique, ce récit mythique de 3 000 vers
fait désormais partie de notre culture – des jeux vidéo en sont même
inspirés. Le luxe de la forme du livre n’exclut pas l’apport de connaissance, puisqu’une
savante mise en perspective du texte par Ariane Thomas, directrice du
département des Antiquités orientales du musée du Louvre, précède l’épopée – dans
une version magnifique traduite de l’arabe par Abed Azrié. Les vers, composés dans une mise en pages aérée, sont
systématiquement placés en vis-à-vis de photographies en pleine page qui font
écho aux mots. Elles sont dues au photographe Jean-Christophe Ballot qui a l’art de donner vie à des
objets inanimés, qu’ils soient saisis dans les réserves d’un musée ou dans des
usines désaffectées. Ici, les objets d’art contemporains de Gilgamesh,
sélectionnés dans les collections du Louvre, du British Museum, des musées de
Berlin et de Bagdad, atteignent parfois à la profondeur intemporelle d’œuvres
abstraites par les vertus conjuguées de cadrages en très gros plan et d’une impression en trichromie, ce qui
leur donne une densité impressionnante – intensité que l’on retrouve dans
le reportage effectué en Irak, sur les sites mêmes des aventures de Gilgamesh.
GMJ