Copyright : © Antoine Espinasseau - Photomontage : Tal Reinshmidt

L’hôtellerie de luxe est paradoxalement peu encline à l’architecture. Le renouvellement complet de la déco intérieure tous les sept ans, recommandé par les modèles économiques en vigueur, donne la main aux décorateurs corporate et favorise les environnements factices, clinquants et périssables. L’hôtel-restaurant Maison Borrèze – du nom de la rivière, toute proche, qui baigne Souillac – est à ce titre une heureuse exception. Nourri par la fréquentation critique de grands palaces du monde entier, il est né au croisement d’un projet entrepreneurial finement ajusté et d’un projet architectural poussé jusqu’aux moindres détails, portés respectivement par l’investisseur Frédéric Coulais et l’architecte Frédéric Martinet (FMAU).

Maître d’ouvrage : Maison Borrèze 

Maîtres d’œuvre : FMAU + Atelier de Saint-Céré (architecte associé), Zafer Dogan (BET structure), Works Ingénierie (BET fluides), Co.Pilot (OPC), Kappa (BET hydro), Sigma (BET acoustique) 

Entreprises : Lamouroux & fils (terrassement, VRD), Engelibert (gros œuvre), Vincent (charpente bois, zinguerie), Jauzac (menuiseries extérieures bois), Semotub (menuiseries extérieures acier, serrurerie), Mazy (menuiseries intérieures), Compagnons Carreleurs Associés (sols durs), Allez@Cie (électricité, domotique), Albareil (cuisine), Marion (aménagements paysagers), Linvosges (rideaux, textiles), Mobilynk (mobiliers, agencements)

Programme : reconversion d’une habitation en hôtel-restaurant-bar de luxe à Souillac (46) 

Surface : 996 m2 SDP  – Coût : XXXXX d’euros HT

Calendrier : 1er PC, novembre 2022 ; livraison, été 2025

 Reproduire, dans un cadre hôtelier, l’intimité familière et réconfortante d’une maison de famille : voilà l’idéal qui animait les deux partenaires lorsqu’ils se sont lancés, en été 2022, dans un projet de gîte dans le Lot, qui a muté en hôtel de luxe. Ils en ont entrevu la possibilité dans un site, choisi parmi quatre dans le bourg de Souillac : une maison de maître du XIXe siècle, qui a appartenu à la même famille de négociants depuis 1918 et dont l’aile en retour, plus récente et étrangement plus imposante, enserre une jolie cour-jardin plantée d’un érable negundo et ouverte sur la rue par un grand portail en fer forgé. Empreint d’une désuète notabilité provinciale, l’ensemble présente aussi toutes les bizarreries (fausses symétries, décalages, plans labyrinthiques) qui le rendent attachant et vivant. L’achat de plusieurs parcelles à l’arrière complétera le terrain, dont la géométrie finale, anguleuse et biscornue, lui donne néanmoins des accès intéressants aux rues adjacentes – permettant notamment d’éviter une entrée automobile par la cour-jardin. (...)

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