Maître d'ouvrage : FLACC.

Maître d'oeuvre : Nilsson Pflugfelder .

Livraison : fin 2012.

Cette installation, commandée dans le cadre de la Biennale européenne d'art contemporain Manifesta 9 à Genk, est le fruit d'une recherche sur la capacité d'une structure tridimensionnelle très compacte à produire de nouvelles postures de travail.


Pensé pour le domaine des arts visuels, ce projet baptisé Verbandkammer (espace combiné) est destiné à être développé à terme au sein de l'institution belge FLACC, une sorte de laboratoire voué aux espaces et conditions de travail pour artistes. Grand meuble monolithique traversant et ouvert, cette installation présente une réflexion sur une structure « capable », composée d'éléments très simples dont la modularité permet d'engendrer de multiples appropriations et usages.


Tridimensionnel, le système est conçu à partir de onze cadres, dix panneaux pleins et de modules de bois de 650 x 1 300 millimètres. « Nous ne sommes pas intéressés par la création de la grille en tant qu'objet formel, mais par les conditions de travail et de production qu'elle met en critique et permet de produire. Dans une certaine mesure, la Verbandkammer est une équation. En fonction des paramètres en jeu, l'expérience spatiale sera différente. Le projet étant flexible et adaptable, il n'a pas de forme propre. C'est une variation », explique l'architecte belge Nilsson Pflugfelder.


La mise en oeuvre de cette construction a relevé d'un certain pragmatisme. L'architecte a d'abord cherché à travailler de manière conventionnelle, à partir de coupes, élévations et détails, mais les dessins étaient beaucoup trop difficiles à traduire par les charpentiers. L'équipe a alors opté pour un système de représentation par plans successifs, tel un mode d'emploi à suivre en référence aux maquettes d'avion. Cette option a rendu très facile et rapide le montage de cette chambre multifonction.


Montée dans la galerie du Casino moderne à l'occasion de Manifesta 9, la structure combine six entités programmatiques, distinctes mais complémentaires. L'une est réservée aux conférences et performances, en proue ; les bureaux sont logés sur l'aile gauche ; un espace de discussion et d'écoute audio avec machine à café est situé dans le prolongement ; un espace dédié à un artiste en résidence, à l'arrière ; enfin, deux entités consacrées aux archives sont accessibles à l'étage par un étroit escalier. Toutes les fonctions sont imbriquées les unes dans les autres, comme à l'intérieur d'une cabine vouée à s'adapter où qu'elle soit. De la superposition des usages naît la possibilité de nouvelles manières de travailler et de communiquer. Un axe de réflexion intéressant, qui considère le dispositif spatial et son bricolage comme parti pris de l'activité de production.

ImageImageImageImageImage