Maîtres d'ouvrages : Communauté
d'agglomération de Marne et Chantereine
Maîtres d'oeuvres : Atelier Novembre
Bureaux d'études : Acoustique : Cabinet Lamoureux, Scénographie : Scénarchie, Paysagiste : Neveux & Rouyer, Bureau d'études : ISATEG/GRONTMIJ, HQE : Gaudin ingénierie, Signalétique : Christine Mathieu – L'Epicerie
Entreprises : générale : SICRA ILE DE France, scénographie : AMG FECHOZ, paysage : PINSON PAYSAGE
Surface SHON : 3 500 m2Cout : 9.3 M € HT
Date de livraison : Juin 2013
Le projet de la médiathèque à Chelles sous-tend une démarche globale et cohérente. Il s'agissait d'assurer la « prise du site » dans les différents registres et échelles du programme en garantissant cohésion générale et harmonie. En outre, le projet d'architecture devait « signifier » les ambitions politiques à l'origine du projet : un édifice public majeur en synergie avec le centre culturel existant. L'organisation des espaces et leur traitement devait offrir un équipement à la mesure des attentes des publics de la communauté de communes de Marne-Chantereine.
Parti urbanistique
Situé à la rencontre de différents tissus urbains, le terrain d'accueil de la médiathèque présentait des complexités fortes, amplifiées par les objectifs programmatiques : la présence du centre culturel avec lequel il fallait composer ; une volonté de donner une orientation multiple à la médiathèque ; l'intégration d'un parc de stationnement.
Le parti d'organisation du site a été guidé par plusieurs « prises de position » :
- la volonté de créer un pôle culturel majeur à l'échelle de la ville en devenir. Voulant initier une véritable synergie, la médiathèque a été implantée de telle sorte que les halls respectifs des deux équipements culturels soient en continuité. Ce dispositif permet de : signifier effectivement un pôle culturel fort ; permettre des connexions fonctionnelles propices à la création d'une politique culturelle dynamique ; créer un ordonnancement calme et posé par un alignement qui lie volumétriquement et spatialement les deux entités, proposer un mail piéton et des places de stationnement qui accompagnent dans leur unicité la frontalité des bâtiments sur la totalité de la longueur de la parcelle.
- une évidence d'implantation : Pour éviter un monolithe supplémentaire dans le paysage de la ville, la réflexion s'est plutôt attachée à proposer une implantation qui, soit prenne appui sur les constructions existantes, soit accompagne le tracé des rues et des alignements d'arbres, assurant ainsi une intégration douce et sensible dans la ville ; une articulation entre anciens et nouveaux quartiers ; une variation de perception du bâtiment qui prend en compte le tissu urbain environnant : linéarité côté ouest et sud et fragmentation côté est ; un décollement du centre culturel existant, respectant ainsi son autonomie de fonctionnement et évitant les contraintes de construction ; le calage du projet qui prend appui sur le carrefour Trinquant/Mitterrand.
Projet
La volumétrie de l'équipement permet de rendre immédiatement perceptible l'emprise des pôles de lecture de la médiathèque du volume trapézoïdal de l'auditorium. Le hall est un espace de transition desservants ces deux entités. Cette composition en U marque la vocation de convergence du pôle culturel et celle d'ouverture de la médiathèque, en permettant ainsi un double accès traversant. Ce dispositif a par ailleurs l'avantage de proposer l'ouverture des espaces de lecture soit sur la ville soit sur la cour intérieure ainsi créée.
Prenant accroche sur le « carré » du carrefour Trinquant/Mitterrand, le projet se développe parallèlement à la rue du Pont-Saint-Martin puis s'enroule face au parvis pour ensuite longer la façade latérale du centre culturel. Ce mouvement en spirale est naturellement affirmé par les volumes en doux crescendo de la médiathèque, avec un point bas côté carrefour et un point haut côté centre culturel, le volume de l'auditorium intervenant comme ponctuation finale.
Le caractère de l'édifice, à la fois institution publique et espace de lecture ouvert sur la ville et ses habitants, peut alors s'écrire. Le dialogue ainsi établi entre les deux bâtiments, hauteurs et écritures différentes mais continuité des halls et de la minéralité blanche des façades, confirme la synergie positive souhaitée, obtenue dans une complémentarité formelle plutôt que dans l'opposition ou l'effacement.
La blondeur ondulante des façades est ponctuée par des fenêtres qui, fonctionnant comme des cadres, sont des invitations à pénétrer les espaces de lecture. Situées aux articulations du bâtiment, certaines font saillies pour agir comme des vitrines ou lanternes dans la ville. Côté avenue François-Trinquant, l'extrémité du bâtiment, par sa large ouverture, agit comme un signal. La clarté de la composition, la hauteur réduite des volumes, la pénétration de la lumière naturelle, les multiples transparences qui permettent d'entrevoir les espaces intérieurs, tout participe à la réussite de l'appropriation de la médiathèque par les habitants de la communauté de Marne-Chantereine.
Concernant le traitement latéral du centre culturel, il a été proposé, sans contredire ses exigences de fonctionnement, de doubler la façade sud par une claie en bois qui encadre le volume saillant de la cage de scène.
Parti paysager
Il s'agissait de mettre en place un vocabulaire capable de donner une nouvelle image à l'espace public, par la mise en œuvre d'un projet paysager simple et lisible, créateur d'une richesse végétale et environnementale. Faisant office de portes d'entrée de l'îlot, les espaces piétons plantés de grands sophoras, pins sylvestres, chênes ou hêtres guident les visiteurs jusqu'aux portes des Équipements culturels. L'utilisation de matériaux nobles comme la pierre participent à la lecture de ces entités.
De larges bandes, plantées d'arbustes et couvres-sol, scandent le pavage minéral. A la fois jardins à thèmes et éléments d'orientation urbains, ces îles végétales apportent une grande richesse végétale et écologique. La composition générale de l'espace public permet de retisser un lien et une continuité entre les rues adjacentes et le site. Les espaces extérieurs offrent de nombreux lieux à s'approprier par les habitants, pour s'asseoir et profiter de ces jardins linéaires. Les stationnements sont implantés aux extrémités de la parcelle et fonctionnent comme des îlots indépendants largement plantés d'arbres et de haies, réduisant l'impact visuel des véhicules.
Une partie des eaux pluviales sera mise en scène par la création de noues plantées dans les jardins linéaires. Le reste des eaux pluviales sera stocké sous l'espace public avant traitement et rejet vers les réseaux.
Organisation fonctionnelle
Les grandes orientations du projet sont les suivantes : l'organisation d'un hall commun aux deux entités médiathèque et auditorium ; le développement des espaces de consultation sur uniquement deux niveaux ; l'ouverture à tous les publics par un décloisonnement et une fluidité des espaces ; l'organisation lisible des espaces de lecture articulée par de grands pôles libres et modulables ; la distinction entre les circuits des publics, du personnel et des documents.
Ergonomie des espaces
Le projet a voulu privilégier des approches séquentielles claires et lisibles des espaces : la banque d'accueil de la médiathèque est immédiatement perceptible depuis l'entrée, l'accès de l'auditorium est valorisé par la présence de la cour intérieure qu'il longe, le vide sur l'accueil invite le public à pénétrer plus en avant, les circulations verticales sont situées naturellement à l'articulation des pôles et les plateaux de lecture sont clairement identifiés dans leur répartition.
La conception du projet en « plateaux libres » crée une grande fluidité et visibilité entre tous les espaces de la médiathèque. Chaque pôle est organisé en séquences, anticipant sur les divisions thématiques et la répartition des rayonnages et des tables de consultation. Ces enchaînements d'espaces s'accompagnent de variations de lumières et d'ouvertures, alternant fenêtres « cadres », grandes baies vitrées, moucharabieh et éclairage zénithal.
L'ergonomie des espaces de travail des services internes est obtenue par l'organisation rationnelle des bureaux, et l'apport de lumière naturelle en pleine ouverture côté nord et filtrée côté est et sud par des claires-voies ou des moucharabiehs
Orientations environnementales
Les réponses sur les performances HQE commencent dès les premières réflexions, dans le choix du positionnement, des orientations et du traitement des volumes du projet, en intégrant toutefois les contraintes préalablement citées (urbanité, fonctionnalité…).
Les grandes orientations architecturales sont : le décollement optimal du projet par rapport au bâtiment du centre culturel afin de ne pas en pénaliser le fonctionnement ; l'éclairage naturel des grands plateaux de lecture par leurs ouvertures sur deux côtés ; les percements en façades sud et ouest optimisés et protégés par la végétation et des brise-soleil verticaux ; les façades nord et est largement ouvertes sur la cour intérieure ; la toiture végétalisée du bâtiment ; la présence du bois dans le traitement des baies ; l'éclairage naturel de tous les locaux.
L'accueil
La banque d'accueil et d'information est positionnée pour être perceptible dès l'entrée dans le hall. Son linéaire et son épaisseur permettent d'intégrer les volumes de stockage de livres en transition. Perceptible aussi depuis l'entrée, l'espace « presse/actualités », situé à l'écart des flux et sous le contrôle visuel de la banque d'accueil, profite de l'ouverture sur la cour intérieure. Un « bloc » constitué des sanitaires et des circulations verticales, diffracte ensuite les flux. Positionné à l'articulation de tous les pôles de lecture, il sert de support d'orientation des usagers.
Les pôles de lecture
Chaque pôle se développe sur des
plateaux amples avec la répartition suivante.
Au rez-de-chaussée :
- le pôle « petite enfance » : Facilement accessible depuis l'accueil, il profite des ouvertures à l'angle du bâtiment. L'espace écoute/atelier dispose d'un volume de rangement avec point d'eau et d'un système de fermeture par panneaux coulissants.
- le pôle « vie pratique » : Ce pôle s'organise suivant une présentation thématique des documents, alternant ainsi rayonnages et espaces de consultation. Un espace de travail de 20 places pour des recherches au calme est aménagé.
Au niveau 1 :
- le pôle « littératures » : Se superposant au pôle « vie pratique », cet espace de lecture s'organise de façon identique.
- le pôle « arts » : Accessible par une passerelle dominant l'accueil de la médiathèque, ce pôle s'étire pour proposer des variations d'espaces compatibles aux différentes collections et supports d'information proposés.
- le pôle « formation » : Situé en dehors des principaux flux, ce pôle, destiné à l'auto-formation, se caractérise par la présence d'un atelier multimédia isolé ainsi que des postes individuels permettant l'apprentissage des langues.
L'auditorium
En contact direct avec le hall, l'auditorium est accessible par une rampe douce qui longe l'espace de la cour intérieure. Proche du centre culturel, sa forme trapézoïdale accompagne l'inflexion du bâtiment et permet la constitution d'une salle conviviale et acoustiquement performante. Pouvant fonctionner de façon autonome, par la fermeture du rideau coulissant qui le sépare de la médiathèque, il peut bénéficier des sanitaires, des espaces vestiaires et de l'espace détente.
Conformément aux objectifs du programme, l'auditorium de 230 places privilégie les cibles de confort et de performance que l'on peut attendre d'une configuration de salle dite « à l'italienne ». Le confort de la salle se traduit par une parfaite qualité d'assise et de visibilité. La configuration en gradins cintrés renforce l'intimité du rapport salle-scène, propre aux petites jauges.
La régie fixe, en fond, s'ouvre directement sur le volume de la salle, sans cloisonnement ni baie vitrée. Protégée par un rideau de fer déroulant lorsqu'elle est hors service, elle est doublée par un emplacement au sein du public pour une régie volante, reliée via les connectiques son-lumière-vidéo appropriées. Dotée d'un gril accessible sur toute sa superficie, la scène, offrant un plateau de belles dimensions, s'inscrit en prolongement direct du premier rang de gradins, sans ressaut séparatif.









