Copyright : ©Arthur Péquin

Maître d’ouvrage : Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Landes, SATEL moa mandataire
Maître d’œuvre : marjan hessamfar & joe vérons architectes asso­ciés, otce BET, inddigo HQE, cuisinorme cuisiniste, sabine haristoy paysagiste
Démarche
: HQE - THPE
Mission
: loi MOP / signalétique & mobilier
Montant des travaux
: 9 909 800 euros ht
Surface
: 6 404 m² shon, 5 594 m² SU avec salle polyvalente restant à aménager + circulations
Date de livraison
: février 2014
Principales entreprises
: Pyrénées Charpentes - bardage, ossature bois, façades ; Daudigeos- gros œuvre ; Bobion & Jouanin - CVC ; Ionys - Elec ; Guichard - Toiture Végétalisé ; Bubola - Platrerie
Pôles de formation
: Fleuristerie, Alimentation (Charcuterie / Boucherie / Boulan­gerie / Pâtisserie / Chocolaterie-Glaces), Coiffure/esthétique (onglerie, maquillage), Vente - Vente Automobile, Tapisserie
Effectifs
: 644 personnes dont 584 élèves & 60 professeurs

Introduction

Le Centre de Formation des Apprentis de Mont-de-Marsan, appelé l’Ecole Professionnelle de Métier, est un bâtiment d’enseignement secondaire qui accueille 600 élèves environ. Six pôles d’apprentissage sont dispensés et forment les étudiants aux métiers de l’alimentation, (boucherie - charcuterie - patisserie - boulangerie - chocolaterie - glaces), l’esthétique, (coiffure, onglerie, maquillage), la fleuristerie, la vente et la tapisserie.

La vétusté de l’ancien CFA, initialement situé en centre de Mont-de-Marsan, a conduit la Chambre des Métiers des Landes à lancer un projet de construction neuve. Le bâtiment s’est donc implanté sur un site stratégique en devenir au Nord Est de la ville, dans une zone princi­palement boisée, à proximité d’équipements sportifs et scolaires, et d’une future zone d’urbanisation au nord.


Parti-pris architectural

Adossé à une forêt classée NATURA 2000 de chênes centenaires et de pins de haute taille, le bâtiment de 6404 m² se glisse sous une strate végétale pour se fondre dans le bois. Constituant un talus végétal, il laisse ponctuel­lement en suspens des boîtes en pin des landes, comme posées sur le paysage. La silhouette de 128m de long ainsi brisée, crée une ligne assez basse où l’équipement est toutefois signalé par la présence des volumes dont l’échelle est maîtrisée. 


L’entrée sous la boîte centrale permet la seule tra­versée du talus depuis la prairie du parvis vers la forêt en arrière. Cet appel de lumière, est une invitation pour entrer à l’intérieur des modules clairs et blancs où la pré­sence généreuse de la lumière surprend le visiteur. Les volumes construits sont habillés d’une vêture en structure métallique et bardage bois, servant de filtres protecteurs quant aux apports solaires. Les nombreux percements aléatoires à l’arrière de cette résille assurent un éclairage naturel confor­table des locaux. La luminosité abondante crée des ambiances intérieures de qualité, ainsi que des jeux de lumière la nuit, venant animer les volumes des façades. La configuration structurelle poteaux-poutres-plancher béton a permis une certaine flexibilité de l’enveloppe bâtie relative au traitement de chaque entité fonctionnelle et à ses propres contraintes techniques. 


Le programme en R+1 est rehaussé encore d’un étage, entièrement enveloppé par la vêture en bois où se nichent les équipements techniques des diffé­rents pôles d’apprentissage (CTA / chaufferie, etc.) Cet étage permet également un jeu de volume dont les espaces intégrés dans les boites bénéficient (la salle des profs, le CDI, des bureaux administratifs à titre d’exemple). Cela leur assure une double-hau­teur sous plafond laissant entrer la lumière par une lanterne dans la masse du bâtiment.

La façade Est, face à la forêt est largement vitrée, toujours protégée par les brises soleil en bois. Le bâtiment profite ainsi pleinement de sa vue privi­légiée sur les bois classés. Respectueux de ce poumon vert, une attention par­ticulière en phase chantier, a été portée collective­ment pour conserver le plus d’arbres possible sur la parcelle.


Un bâtiment bioclimatique

Le parti pris architectural de ce bâtiment a eu éga­lement pour effet de créer un équipement à faible impact environnemental. La végétalisation du talus se prolongeant en toiture à l’ouest permet de protéger le bâti des vents dominants et apporte un confort thermique non négligeable en été. Ces pentes organiques assurent également la rétention des eaux de pluie en les intégrant dans l’aménage­ment paysagé.

La végétalisation des espaces autour et sur le bâti­ment est donc continue ; elle prend la forme d’une prairie fleurie en cohérence avec les essences lo­cales et par souci d’une maintenance simplifiée. Afin de fusionner le bâtiment dans cette zone de protection de la nature mais aussi pour marquer l’origine de l’édifice, l’ensemble des vêtures et bar­dages extérieurs sont réalisés en pin des Landes. Attentifs à l’impact de l’acte de construire, nous avons préconisé cette essence de bois local égale­ment pour raccourcir la chaine de production/dis­tribution.


Utilisation du pin des landes

Le pin des Landes – essence de bois très largement utilisée dans les filières de l’ameublement intérieur mais rarement dans la construction – a nécessité un traitement particulier pour un emploi noble. Les tasseaux ont été ainsi autoclavés puis collés sur bois vert selon la technique ABOVE, puis brossés et saturés en brun par les scieries locales. Cette technique a été mise en place par les membres du pôle de recherche éponyme ABOVE qui regroupent architectes, ingénieurs, chercheurs, industriels et scieries, et qui bénéficient sur ce sujet de la politique européenne des «clusters».

En effet, regroupés au sein du pôle de compétiti­vité Xylofuture qui dynamise l’innovation pour la filière forêt-bois française, ABOVE soutenu par la Région Aquitaine, fait partie des outils de politique industrielle et du développement de l’innovation en France. Ainsi, le bâtiment s’affiche comme une vitrine des capacités des matériaux de la région et comme une preuve du savoir-faire local.

Paysage, architecture, maitrise environnementale et techniques innovantes sont liées dans le but de créer un équipement singulier, établissant un dia­logue et un rapport d’échelle juste avec son envi­ronnement immédiat.



Texte rédigé par Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés

Photographies d'Arthur Péquin

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