Maîtres d'ouvrages : SEMAVIP
Maîtres d'oeuvres : Bruno Mader - architecte mandataire, collaborateurs: A. Veyssier, JL. Henry, B. Murawiec, J. Bleicher
Entreprises : BATISERF - structure, Louis Coulet - fluides, SPEEG & MICHEL - concepteur lumière, Mazet & Associés - économistes, VS-A - façades/menuiseries extérieures, Oasiis - HQE, Jean Paul Lamoureux - acousticien, ARWYTEC - cuisine, F.O.R.R Frédéric Roussel - paysage
Surface SHON : 5 700m2
Cout : 23,5 m€
Date de livraison : février 2015

Le contexte
Dans le cadre du projet urbain de la porte Pouchet, la ville de Paris a décidé de déplacer le centre de secours Pouchet  (annexe de la caserne de pompiers de Champerret) et le service des transports automobiles municipaux (TAM), pour les relocaliser sur l'emprise du terrain de football du stade Max Roussié. Cette opération constituait une opportunité de requalification d'un site difficile, dégradé, en marge de la ville et surdéterminé par la présence du boulevard périphérique.

Mixité
Le projet résulte d'un projet architectural et paysager pour mettre en place une cohabitation entre ces différentes entités, de nature hétérogène mais fortement imbriqués, dans un jeu de relations et de collages qui tirent parti des fortes proximités et des contrastes qui en résulte. Le terrain de foot et la tribune sont reconstruits sur le toit des nouveaux garages et ateliers pour camions (de pompiers et du TAM) indépendants les uns des autres. Les hébergements des pompiers et les bureaux des TAM sont intégrés à un fin bâtiment de 5 niveaux en bordure du périphérique.
Dépassant la stricte résolution de ces problématiques induites par un sujet complexe et atypique, le projet a saisi l'opportunité de jouer avec les spécificités du site et du programme pour mettre en place un jeu de relations qui intègre toutes les composantes du contexte et les activités. Bordant maintenant le square André Brechet et aligné au même niveau, le nouveau terrain de football associe plus étroitement le stade à la vie de quartier. La vue s'ouvre au nord vers un paysage urbain renouvelé. Depuis ce coté, rien ne laisse deviner le vastes espaces enfouis en contrebas. Le grand plateau horizontal du terrain de foot se prolonge vers l'ouest par un plissement, dessinant des vagues successives. La pelouse se décolle en lanières qui dessinent un tribune, des ouïes pour les prises de jour, ventilations, et issues de secours.
Bordant le terrain de sport, un long bâtiment écran émerge de 3 niveaux. Son horizontalité est renforcée par des lignes épaisses de brise-soleil en béton, support d'une maille en inox qui fait office à la fois de par-ballons et de garde-corps. Les 3 niveaux supérieurs du bâtiment regroupent les bureaux du TAM qui s'ouvrent au niveau du terrain de football et les locaux de vie des pompiers en étage.

Bouclier phonique et cinétique
Coté périphérique, une façade plissée alterne métal noir et verre en grandes plaques verticales. La perception cinétique du bâtiment se modifie au fil du déplacement des véhicules. Correspondant aux espaces de détente, salles à manger et gymnase des pompiers, de grandes fenêtres urbaines perforent l'édifice du sud au nord laissant passer le soleil horizontal d'hiver au travers du bâtiment. Coté nord, ces baies ouvrent vers les communes limitrophes, faisant profiter d'une vue panoramique sur le périphérique dans un silence total.