Maîtres d'ouvrages : privé
Maîtres d'oeuvres : Bang
Architectes (Nicolas Gaudard et Nicolas Hugoo)
Surface SHON : hors œuvre nette totale: 170 m² / hors œuvre nette crée: 98 m²
Cout : 270
K € TTC
Date de livraison : octobre 2010
Crédit photos: Julien Lanoo
Au départ il y a une petite maison de modeste facture, d'une surface totale de 60 m² habitables sur deux niveaux, située en fond de cour sur une parcelle très étroite du 20ème arrondissement de Paris. Enclavée et rendue humide par la présence d'un aqueduc souterrain, les constructions voisines plus importantes, notamment un mur d'héberge de plus de 20 m de haut la plongent dans l'ombre.Au delà du besoin évident de la famille d'augmenter son espace habitable, il y a un désir exprimé de gagner en clarté et en dégagement visuel.
La recherche de la lumière guide alors la conception du projet jusqu'à la genèse d'une architecture « héliotrope ». Il faut donc gagner en hauteur et monter sur la vieille bâtisse un volume maximum, aux limites de la réglementation urbaine, et de l'enveloppe budgétaire. Naturellement, le centre de gravité de la nouvelle habitation, c'est-à-dire les pièces de vie en commun, trouve sa place au dernier étage.
L'accès au site par un couloir de 90cm de largeur et la faiblesse structurelle de l'existant fait opter pour une structure en bois, à la fois légère et aisément manipulable. Sur la grande longueur de la maison, côté cour, les murs de l'existant sont si fragiles que, par précaution, de grandes « échasses » en lamellé-collé les enjambent.
Aux étages créées, sur toutes les faces ouvertes, nous exposons le squelette du mur à ossature bois: des traverses et des montants structurels disposés tous les 80 cm combinés à un remplissage de volumes de verre toute hauteur pour un apport de lumière naturelle maximal. La structure en lamellé-collé de douglas, allongée et affinée de façon dissymétrique dessine une grille verticale régulière qui joue le rôle de brise soleil et oppose une sorte de « filtre tridimensionnel » aux vis-à-vis. Ce principe appliqué de manière systématique unifie le volume créé et lui donne ainsi la force nécessaire pour exister, malgré sa taille modeste, dans un contexte dominant et hétérogène. Enfin il évacue le problème de la composition de façade sur un si petit volume.
Intérieurement la maison s'organise autour d'un vide central occupé par l'escalier situé sous une verrière inclinée (incidence d'un prospect d'un bâtiment voisin). La trémie, à largeur décroissante, laisse descendre la lumière de la verrière jusqu'au RDC. Une petite terrasse orientée au sud, en retrait, est aménagée au r+3 afin de profiter directement du soleil et de la vue sur les toitures bigarrées du quartier. Dans la partie neuve de la maison le cloisonnement est volontairement réduit au minimum. Les façades sont laissés libres de toutes cloisons ou portes, on circule le long des ces dernières pour entrer dans la salle de bain ou le dressing.
Le système constructif :
charpente et façades : lamellé-collé de douglas (non traité)
planchers et toiture : pin et panneaux de bois (OSB)
façades aveugles : murs à ossature bois + bardage mélèze
isolation : laine de bois 12 cm
menuiseries extérieures : aluminium à rupture de pont thermique avec double-vitrages 6/16/6, argon, faible émissif
étanchéité : auto-protégée
Approche environnementale :
compacité du volume
qualité de l'isolation thermique : laine de bois sur 12 cm,
absence de ponts thermiques grâce au « tout bois »
façades agissant comme » brise-soleil » en été
vitrage faiblement émissif
menuiseries extérieures à rupture de pont thermique
éclairage naturel de toutes les pièces (sauf WC) pour limiter les consommations d'énergie
matériaux sains : bois, linoleum, laine de bois, etc.














