Programme : Résidence pour les personnes âgées, centre d'accueil de jour Alzheimer, centre médical, café social
Localisation : Îlot Yersin, Paris 13e
Maîtres d'ouvrages : Paris Habitat
Maîtres d'oeuvres : Atelier d’architecture Brenac + Gonzalez et associés / Chef de projet : Sébastien Compère
BET généraliste : SNC Lavalin
BET Acoustique : ACV
Performance énergétique : Plan Climat Paris, RT 2005
Surface SHON : 3 500 m²
Cout : 8 M€ HT
Date de livraison : 2016
À Paris, un angle de rue est toujours considéré comme un événement urbain et architectural.
De forme triangulaire, bordé par l’avenue de la porte d’Ivry et l'avenue Charles-Régaud, l’îlot Yersin accueille principalement une structure d’hébergement pour personnes âgées et un hôpital de jour pour malades d’Alzheimer. Dans le cadre du premier programme, l’atelier a souhaité mettre en place un cocon protecteur, un abri pour des hommes et des femmes qui ont longtemps vécu sans domicile fixe. Cet engagement l’a conduit à rechercher à la fois une spatialité du partage, où l'on réapprend à vivre ensemble - des salons généreux, des salles à manger avec de larges terrasses, des baies généreuses, des grandes terrasses, des circulations éclairées naturellement, mais aussi des lieux de repli, d’intimité - des chambres individuelles avec des loggias recouvertes de bois et refermées par des panneaux vitrés, des protections contre les nuisances de la cité que ces personnes ont si longtemps subies.
Le centre Alzheimer a quant à lui été conçu comme un lieu d’accueil et d’hospitalité qui permet de briser l’isolement des familles et des malades. La structure des espaces est construite par de nombreux marquages sensitifs, par la couleur, les lumières, un parcours, un jardin thérapeutique qui sont autant de repères. Les espaces sont complétés par des grands salons d’activités, où, collectivement, on déjeune, on joue, on chante…
À l’extérieur, l’édifice est d’abord identifié par la texture rouille de son béton Corten auto-plaçant. D’aspect très sculptural, il évoque un volume qui semble avoir été ciselé ou s’être constitué en fonction des situations programmatiques ou urbaines rencontrées.
Le volume est d’abord marqué par un socle massif posé à l’alignement des rues, puis sa géométrie varie, le bloc s’élève pour former le corps principal. Un déhanchement volumétrique retourne le bâtiment vers l’intérieur, son pliage facilite ainsi l’intégration des proches HBM (habitations à bon marché). Sa masse est ensuite creusée pour travailler la profondeur et dégager des loggias sur la ville. À l’angle, son profil s’affine enfin pour renforcer son élancement et la monumentalité du carrefour. Cette composition s’achève à l’ouest par de généreuses terrasses paysagées et un jardin suspendu.
Si la force plastique naît de l’opposition entre l’aspect brut de la matière et la réflexion, la brillance des baies vitrées, la silhouette oxydée, sa figure de proue est pourtant familière. Est-ce un navire rouillé immobile et définitivement à quai? Est-ce la possible métaphore de la vieillesse?








