Copyright : ©Florian KLEINEFENN

Localisation : Arrière pays Nîmois
Maîtres d'ouvrages : Privé

Maîtres d'oeuvres : DIXNEUFCENTQUATREVINGTSIX - Mathilde Gaudemet et Arthur Ozenne ; BET Structure : I+A ; BET Thermique : Bet France
Entreprises : Marrel Frères (gros oeuvre), Sud étancheité, Alutech 34 (menuiseries extérieures), Scal'in (escalier), Serrano (électricité), Egis (plomberie), Slpi 30 (isolation, doublage, cloisons et peinture), Concept Résine (sol), Casali (carrelage), Bancel (menuiseries intérieures)
Surface SHON : 90m2
Coût : 280 000 HT
Date de livraison : octobre 2016

Sur un terrain enclavé, entre végétation et vallonnement, et fractionné en trois niveaux de terrasses soutenues par des murs de pierres sèches, se dresse un mazet typique de la région gardoise.
L'extension de cette maison, qui n'était jusqu'à présent qu'une résidence secondaire, doit permettre à Benoît et Roselyne de réunir épisodiquement enfants, petits enfants et amis.


Dans ce paysage partagé, entre verdure et minéralité, naît du sol un volume en béton, monolithique et sculptural, qui résonne avec la mémoire du site, jadis une carrière.
Ce volume se joue de la lumière et des ombres qui révèlent sa forme facetée et affirment sa présence et sa contemporanéité sans pour autant nier sa parenté avec le mitoyen.
A l'instar du mazet existant, l'extension se développe en deux corps de bâtiments accolés ; le premier, formant un carré, d'environ 5 mètres sur 6 (qui correspond aux dimensions courantes des petits mas de la région), le second, rectangulaire et d'un seul niveau.
De façon analogue aux mazets de l'Uzège, des ouvertures étroites sont positionnées à l'est et au sud afin de se protéger des fortes chaleurs en été et du froid en hiver.
Le mistral n'autorise que très peu de percements au nord, hormis celles de la terrasse, qui évoquent les petites ouvertures que l'on trouvait traditionnellement au niveau du grenier pour y observer la migration des grives.

La maison est un abri qui véhicule un sentiment de sécurité, protège du climat ensoleillé, d'une luminosité intense mais aussi de ses violentes intempéries.
Pas ou peu de porosité donc, entre intérieur et extérieur, les ouvertures sont des écrans, des cadrages photographiques sur le paysage. Elles séquencent le parcours des occupants, des espaces privatifs aux espaces communs jusqu'aux terrasses et jardins.
La démultiplication des espaces intérieurs (chambres, salle d'eau, salons) et extérieurs (piscine, jardin bas, niveaux de terrasses, terrasse R+2) permet de préserver l'intimité et le rythme de chacune des trois générations réunies sous ce même toit.

L'extension est construite en béton, laissé brut de décoffrage. Composé de ciment blanc et teinté dans la masse, ce béton s'approche de la couleur de la maison existante.
Les voiles sont coulés en place au moyen de banches métalliques. Ces dernières ont été doublées de contreplaqués bakélisés afin de garantir l'homogénéité d'aspect du béton. Cette peau en fond de coffrage permet de ne pas subir l'impression en façade des raccords de banches au format standardisé mais d'assurer la maîtrise d'un calepinage fidèle au dessin initial.
Les joints ont été retracés à la scie circulaire, créant une légère ombre et marquant un peu plus ce rythme. Les trous de serrage, quant à eux dépendants des banches métalliques, viennent perturber de manière irrégulière et aléatoire la lecture et la rigidité de la trame.

Par ses dimensions, son orientation, ses ouvertures et sa matérialité, le projet s'inscrit dans la logique des constructions existantes. Il transpose les codes archétypaux de mas provençal traditionnel en réinterprétant les caractéristiques typologiques de l'existant dans une écriture architecturale contemporaine.
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