Copyright : ©Takuji SHIMMURA

Maîtres d'ouvrages : Plaine Commune - Etablissement public Territorial
Maîtres d’œuvres : Atelier Bruno Gaudin architectes : Benoît Lochon (études), Nicolas reculeau (chantier), 
Entreprises : Oteis, Sechaud et Bossuyt, BET; ACV Acoustique; HUIT18, éclairagiste
Surface SHON : 3204 m²
Coût : 7 500 000 euros TTC 
Date de livraison : 2018

Ce projet a permis de faire dialoguer un petit château construit au XVIIIe siècle, dont la pièce maîtresse est un portail surmonté d’un fronton de style Rocaille, avec un bâtiment contemporain qui accueille principalement les espaces publics de la médiathèque ; deux échelles donc mais aussi deux architectures. Le château est à la source de la composition. Les traces laissées par l’histoire (un porche, un hémicycle, une cour disparue) guident le dessin de l’édifice.


Le bâtiment neuf s’enroule autour de l’ancienne cour qui fédère toutes les parties. Ce vaste vide structurant est couvert d’une grande nappe structurelle en bois qui distille sa lumière zénithale naturelle dans les salles de lecture. Cette pièce centrale donne son caractère unique et hospitalier à la médiathèque. Il s’agissait également de transformer un site longtemps délaissé en un véritable espace public. Les façades associées aux parvis redonnent forme et urbanité à ce fragment de quartier que la circulation automobile avait beaucoup dégradé. Par sa fonction, son architecture intérieure, sa capacité à révéler un précieux patrimoine architectural, par la recomposition urbaine qu’elle engendre, la Médiathèque Louis Aragon répond à de multiples enjeux.


L’échelle monumentale de la nef intérieure contraste avec des volumes extérieurs simples qui s’étirent sur le parvis et la rue. Le rapport d’échelle avec le château est mesuré. Les textures, bien que de colorations et de tonalités différentes, fabriquent un dialogue subtil entre les deux entités. Pour le bâtiment neuf, les textures sont de pierre, de bois, de verre ou de panneaux en aluminium. Côté château ce sont de l’enduit à la chaux, des encadrements de pierre, des corniches, des sculptures restaurées qui redonneront à l’édifice existant son panache d’autrefois.

 


Une façade pour le parvis

L’articulation avec le bâtiment neuf se fait au droit du retournement sur le parvis sud. Les éléments recherchés pour ce projet sont l’unité, la cohérence des échelles, des matériaux, des tracés et géométries, afin d’accorder un ensemble à priori « composite » pour en faire un bâtiment harmonieux, qui préserve l’autonomie et les spécificités de chacun. Même si les formes architecturales diffèrent, les proportions, les percements et les matériaux permettent d'établir un dialogue entre les différentes composantes de la façade.

 


Le bâtiment existant


Au-delà du porche, c’est l’ensemble du bâti existant qui accueille de nouvelles fonctions en rapport avec la médiathèque. Au nord du porche, ont été installés les locaux communs des services internes (salle de réunion et salle de détente) et au sud des espaces accessibles depuis l’agora, ouverts au public, dont la salle d’exposition dans la très belle pièce voûtée située au sous-sol. L’accès au public à cette remarquable cave voûtée du XVIIIe siècle, est spontanément apparu comme un élément essentiel à intégrer dans le projet. Aussi nous en avons fait un lieu d’exposition.


La cour était l’espace principal qui organisait la composition du château de la Motte et le vide qui permettait d’articuler et distribuer les différents corps de bâtiment, comme les différents usages. Cette cour est réinterprétée sous forme d’un volume intérieur en double hauteur qui accueille le pôle « fiction » de la médiathèque. Depuis cet espace central, on donne à comprendre les différentes parties d'un édifice « composite ». Ce vide permet également de mettre visuellement en relation l’ensemble des espaces publics. Pour appuyer cet effet architectural, il a été choisi de préserver et reconstruire la clôture en hémicycle qui formait auparavant le fond de la cour du château, lui conférant ce caractère à la fois noble et théâtral.

ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage