Maîtres d'ouvrages : Nantes Métropoles et Groupe CIF
Maîtres d’œuvres : Thibaud Babled architectes, Simona Dirvariu (chef de projet)
Entreprises : BET TCE, Sibat ; BET Acoustique, Accord Acoustique ; BET géotechnique, GEOTEC Ouest ; Gros-oeuvre, VRD, plantations, Demathieu Bard ; Menuiseries extérieures, verrière, double peau, charpente métallique, serrurerie, Girad Hervouet ; Etanchéité, Soprema ; Menuiserie intérieure, Atelier Isac ; Plancher technique, Denco ; Plafond, doublage, cloison, Pinard ; Revêtements de sol, Rossi ; Peinture, signalétique, A2PN Decor ; Ascensoriste, ABH ; Courants forts/courants faibles, Snee ; Chauffage, ventilation, plomberie, sanitaire, Anvolia ; Nacelle, Skyaccess
Surface SDP : 5 105 m²
Coût : 8 500 000 euros HT
Date de livraison : 2018
Entre Erdre et Loire…
La situation faubourienne plaçait le projet à un endroit où
la toponymie fait se croiser un boulevard (Jules Vernes) et une route (de
Paris), semblant révéler un point de basculement entre ville et périphérie. Ce
site, à la croisée des réseaux viaires et ferrés, recélait pourtant toutes les
dimensions d’une nouvelle centralité métropolitaine.
En façade vers le pôle d’échange, face à un patrimoine
industriel d’une qualité architecturale remarquable, l’intervention est perçue
de toute part, par les perspectives profondes mais aussi les accotements
proches que proposent l’entrée de ville (bd Jules Verne / route de Paris) et la
coulée pacifiée du tramway. Le projet propose une réponse forte et délicate à
cette visibilité omniprésente : - un cube aux faces nobles et homogènes en est
la pierre angulaire, - une ligne bâtie plus intime se déploie au contact d’un
chemin piéton du boulevard jusqu’à la rue Robic - un jardin prolongé par un
pavillon affleurant se tapit dans la profondeur de l’îlot, jusqu’à la ligne du
tram.
Le pôle tertiaire est essentiellement réparti dans la
géométrie pure et quasi parfaite d’un cube, organisé en plan selon un principe
d’anneaux concentriques.
3 situations
La parcelle se caractérise par trois situations spécifiques, qui ont guidé le projet et accueilli sa mixité programmatique
Pierre Angulaire
La première situation est celle de l’angle, dégageant sur trois faces complètes les perceptions vers l’édifice : situation privilégiée pour affirmer la vocation urbaine du site. Y a pris place, sans équivoque ni demi-mesure, le cube translucide du pôle tertiaire. Cube évidé et lumineux, cube carapacé avec délicatesse de multiples facettes, cube ponctué de larges loggias s’ouvrant aux scènes urbaines, cube animé par l’éclosion des rythmes vibratiles d’une enveloppe utile.
Venelle intime
La seconde situation est celle du chemin piéton, de la venelle plus intime se déployant en limite sud du site : situation privilégiée où l’on profite du calme et de l’ensoleillement. S’y sont établis le bâtiment longiligne et la proue plus saillante des logements. Ligne devancée plein sud par l’épaisseur protectrice et généreuse de larges balcons habitables, proue ponctuée à chaque angle par l’anfractuosité d’une loggia et d’une double orientation.
Jardin étagé
La troisième situation est celle du jardin, mis en péril par
la densité du programme et faisant le lien avec les franges de la coulée du
tramway : situation où ménager à tout prix une respiration, spatiale et
végétale. Série de plaques abondamment végétalisées et plantées, le jardin
s’exprime désormais comme une construction horizontale qui se déploie le long
de l’allée séparant le Pôle Emploi des logements, ainsi qu’en toiture, offrant
des vues sur la verdure aux habitations.
Pôle Emploi
L’autre entité tertiaire prend place sur les deux premiers
niveaux du bâtiment principal en s’inscrivant dans la même géométrie
concentrique que les étages supérieurs. Un volume complémentaire prend la forme
d’un pavillon sis dans le jardin. Cet édifice, de construction légère, est
enchâssé sur une hauteur d’allège et sa toiture plantée est à peine soulevée du
sol ferme par l’entremise d’une bande de vitrage. Cette toiture plantée et
ponctuée de deux patios joue un rôle d’isolant thermique naturel et s’affirme
comme une partie intégrante du jardin.
Pôle Erdre et Loire
Au cœur du volume, un atrium constitue le noyau évidé et
lumineux du Pôle Erdre et Loire de Nantes Métropole. Entouré d’une couronne de
circulations ouvertes, il devient le lieu de rencontre, de partage et de
synergie de l’équipe du Pôle. Calé sur une trame flexible de 1,35m de pas, un
second anneau accueille l’ensemble des bureaux dans une faible profondeur d’un
bon éclairement naturel. Le troisième anneau concentrique est celui de l’enveloppe,
dédoublée pour former une double peau, épiderme respirant, intelligent et
réactif aux variations du climat et des usages. Le plan intérieur de cette
enveloppe est structurel pré murs isolés en béton. C’est l’enveloppe étanche à
l’eau et à l’air. Le plan extérieur est une enveloppe poreuse dont les rythmes
varient d’étage à étage, proposant au contact de la chaussée une alternance
plus dense permettant d’intimiser les bureaux, puis se relâchant en un
mouvement d’éclosion aux rythmes vibratiles. Densité et relâchement vont de
pair avec les fonctions environnementales attribuées à la double peau.
L’architecture proposée est alors le manifeste de cet
équilibre fluctuant guidé par le passage des heures et des saisons et se
traduit en un ouvrage «lowtech», sans systèmes techniques complexes ni
asservissement à des conditions d’entretien incertaines.
Ce dédoublement produit naturellement les bienfaits suivants
: - lumière naturelle et dégagement visuel, avec des panneaux pleins de tôle
d’aluminium anodisé, ouvrants manuels. - en terme thermique, c’est l’espace
situé derrière les panneaux vitrés fixes (en verre extra blanc simple vitrage)
qui profite de la disposition en écailles non jointives de ces derniers, avec
un entredeux animé d’une ventilation naturelle par convection toute hauteur
(air tempéré en hiver et rafraichissant en été). - acoustiquement, cette
enveloppe extérieure et son assemblage d’écailles, forment un piège à son qui
permet aussi de ventiler et ouvrir son bureau sans pâtir de la rumeur urbaine.
- l’usage de l’entre-deux est alors multiple, espace tampon nuançant les
rapports à l’extérieur, espace de respiration entre bâtiment et paysage urbain,
espace appropriable au quotidien. Le dernier dispositif passif est celui des
grandes loggias en connexion avec l’atrium qui forment des entrées d’air
réglables et permettent avec la verrière asservie en toiture d’assurer une
ventilation nocturne naturelle, «cooling» dont la gratuité et l’innocuité
environnementale est indispensable dans un bâtiment de bureaux contemporain. Rustique,
le bâtiment n’en est pas moins d’une précision infinie, réglée par
l’intervention manuelle de ses utilisateurs.
Logements
Le bâtiment des logements a su tirer profit des meilleures
orientations, et propose une configuration permettant la généralisation des
logements traversants ou à double orientation.
Ces logements sont répartis au sein de deux volumes
conjoints, d’une grande simplicité et rationalité : - la proue en R+6 qui prend
façade sur le boulevard Jules Verne, volume compact et ramassé, s’organise
autour des situations d’angle et des doubles orientations. - la ligne, en R+2,
se déploie le long de la venelle, proposant pour chaque logement (tous
traversants) un prolongement extérieur orienté au calme et plein sud, avec une
desserte plus individualisée. Les deux volumes forment un tout continu pourvu
des mêmes valeurs d’usage et proposant la même expression architecturale : -
une épaisseur de façade comme médiation avec l’extérieur par le biais de
profonds balcons ou loggias habitables. - une différenciation des balcons par
la mise en place ponctuelle de pare-vues offrant refuge à un rangement, un
séchoir, ou un coin d’intimité.
Le rythme et la dé-densification progressive des panneaux
pare-vues forment une architecture en connivence avec celle des bureaux. La
proposition globale est celle de deux bâtiments subtilement différents et faits
pour s’entendre.





















