Rendez-vous d'été avec l'architecture
Nous avons choisi pour vous quelques
évènements culturels liés à l'architecture à ne pas manquer cet
été : festivals, expositions, parcours, nouveaux bâtiments.
d'architectures
Le magazine de la création architecturale
Nous avons choisi pour vous quelques
évènements culturels liés à l'architecture à ne pas manquer cet
été : festivals, expositions, parcours, nouveaux bâtiments.
« Voyage à Nantes »
propose, pour sa quatrième édition, un parcours d'une cinquantaine
d'oeuvres d'art contemporain, éphémères ou pérennes, disséminées
dans les espaces publics de la ville. Une ligne verte tracée au sol
guide, sur 12 km, le visiteur d'une étape à une autre, des
Anneaux de Daniel Buren et Patrick Bouchain, jusqu'à l'île
de Nantes, où s'élève l'installation de l'agence Detroit
Architectes et de l'artiste Bruno Peinado, « On va marcher sur
la lune ». Sur le toit de l'école d'architecture, on peut
s'adonner à la « culture glisse » sur un Skate ô Drome en bois,
accueillant virtuoses du skateboard et du BMX. Au Théâtre Graslin,
on est sur scène plongés dans le noir : les fauteuils de la salle
s'éclairent et, par un simple effet d'éclairage, semblent entamer
une danse. Puis, au Lieu unique, on prend les commandes d'un jeu
vidéo dans une exposition à l'ambiance Star Wars retraçant
l'histoire de ce divertissement.
Jusqu'au 31 août 2015
À l'occasion de la dixième édition
du festival Design Parade, cinq expositions à la Villa Noailles sont
en accès libre jusqu'au 27 septembre. Dans la piscine et la salle de
squash, Pierre Charpin montre avec Villégiature un choix d’objets
et de dessins représentatifs de vingt ans de création. Ce designer
de 53 ans, auteur aussi de la scénographie, a voulu mettre en
évidence les correspondances qui existent entre le langage formel de
ses objets et le langage graphique de ses dessins. L'espace du
gymnase est dédié à la Manufacture de Sèvres. Laura Couto Rosado,
grand prix du jury en 2014, est accueillie dans la galerie nouvelle
pour une exposition personnelle, Impulsions, qui sera également
montrée en 2016 à Cologne, à Paris et La Valette-du-Var. Dans le
Salon rose, Stéphane Boudin-Lestienne et Alexandre Mare, les deux
commissaires de l'exposition permanente sur le couple de mécènes
que furent les époux Noailles, dévoilent vingt-quatre scrapbooks
restaurés. Ces albums de photos et d’articles remplis par
Marie-Laure de Noailles pendant près de cinquante ans avec des
images, des photographies, des lettres, des dessins, des cartes
postales, constituent de précieux témoignages sur ce milieu
intellectuel, artistique et mondain. Enfin, sous la verrière, la
cartographie des savoir-faire en région PACA est cette année
consacrée au liège varois à travers une exposition photo, un film
de Jean-Baptiste Warluzel dans une scénographie d'Antoine Boudin et
des créations à base de liège imaginées par dix jeunes designers.
Jusqu'au 27 septembre 2015
L'agence d'architecture portugaise
Aires Mateus a été choisie en 2012 pour réaliser le futur centre
de création contemporaine Olivier Debré (CCCOD) à Tours, qui
ouvrira ses portes à l'automne 2016. Une exposition autour de
60 maquettes blanches accompagnées de dessins se tient
jusqu'au 1er novembre dans l'ancien bâtiment du centre d'art. Cette
collection réalisée spécialement pour cet évènement permet
d’envisager le travail des frères Francisco et Manuel Aires
Mateus dans son intégralité depuis 1999. De nombreux projets
depuis la création de leur agence en 1988 ont été remarqués,
comme le Musée du Phare à Santa Marta à Cascais ou le Centre des
arts de Sines. Selon Elke Mittman, signataire du catalogue
monographique de l'exposition : « Il s’agit de présenter une
vision plus lexicale des possibilités de leur architecture, en
déclinant et en articulant de façon systématique comme une sorte
de grammaire de la multitude des rapports possibles entre espace et
architecture. C’est une « boîte à outils » démontrant les
potentialités quasi infinies, illimitées, de leur approche
architecturale. »
Jusqu'au 1er novembre 2015
Catalogue monographique de l'exposition, préface par Elke Mittmann, Aires Mateus, Juin 2015.
Les rencontres internationales de la photographie, ce sont 43 expositions, une dizaine de lieux. Les grands noms (Walker Evans et Stephen Shore) y voisinent avec les nouveaux talents, les pratiques les plus actuelles avec d'autres plus anciennes, donnant à voir les supports les plus divers, du livre au magazine en passant par la pochette de vinyle. L'architecture est l'une des grandes thématiques de cette 46e édition. Elle est explorée à travers une multitude de projets. Les photos du Las Vegas de la fin des années 1960 prises par Denise Scott Brown et ses étudiants pour étayer l'essai théorique qu'elle allait publier avec Robert Venturi (Learning from Las Vegas, 1972), répondent aux néons des motels et des restaurants jalonnant les routes photographiés par Toon Michiels pendant les années 1970. Olivier Cablat, lui, réactive le concept du « duck » diffusé par Venturi et Scott Brown en proposant une étude généalogique du canard et de son évolution vers des formes mobiles. Il y a aussi ces cathédrales européennes monumentales répertoriées par l'Allemand Markus Brunetti. À première vue, de la photographie documentaire pure. Sauf qu'elles ont été réalisées à partir de milliers d'images retravaillées à l'ordinateur.
Jusqu'au 20 septembre 2015
L'Hôtel des Arts explore depuis trois
années à travers ses expositions et ses livres les questions
urbaines. Ce centre d'art contemporain du Département du Var a
notamment présenté en 2014 les images saisissantes rapportées par
Stéphane Couturier de la cité Climat de France d’Alger et publié
en mars dernier la monographie de l'artiste portugais Pedro Cabrita
Reis, qui place l'architecture au coeur de son travail. Avec
Villissima !, de Rem Kolhaas à Andrea Branzi en passant par Joana
Hadjithomas & Khalil Joreige, une trentaine d'artistes
internationaux ont réalisé dessins, gravures, peintures,
sculptures, vidéos et films afin de proposer un regard ludique sur
l'espace urbain. Guillaume Monsaingeon, commissaire de cet évènement,
propose quatre grandes typologies de représentation de la ville :
l'opposition entre démesure et miniature, les évocations « à la
main » de la ville – notamment par le dessin –, le recours à
l'écriture pour bâtir des villes, et « l’écran » comme médium
du milieu urbain, qui diffuse (panneau publicitaire) autant qu’il
occulte (palissade).
Jusqu'au 27 septembre 2015
Guillaume Monsaingeon, Villissima ! des artistes et des villes, Marseille, Éditions Parenthèses, 192 p., 26€.
Janvier 2015 voyait le lancement de
Mons capitale européenne 2015. Six mois plus tard, la ville belge
n’a pas fini d’étonner les visiteurs avec la réhabilitation de
toutes les façades du centre historique, la réouverture de son
beffroi et l'inauguration de quatre musées, une salle de musique et
deux expositions d’art contemporain : Atopolis et Chine ardente. Situé dans une ancienne base d’entraînement de cavalerie et un
ancien couvent, Atopolis explore à travers les réalisations de 23
artistes les questions de migration, de diaspora et
d'interculturalité. De l’installation gigantesque à l’œuvre
participative, on trouve une multitude de créations, comme From The
Begining to the end d’El Anatsui ou Music Room de Nevin. Chine
Ardente propose quant à elle un nouveau regard sur l'art
contemporain chinois: 25 artistes, parmi les pionniers de la
fin des années 70 jusqu’aux générations les plus récentes,
affirment la tridimensionnalité des supports et se réapproprient la
diversité de leurs matériaux (d'origine industrielle, artisanale,
minérale ou naturelle, de récupération ou de synthèse, sans
oublier la vidéo). Découvrez aussi les bâtiments inaugurés cette
année dans cette ville de moins de 100 000 habitants : l'Artothèque
dans la chapelle du couvent des Ursulines (L'Escaut & Gigogne),
le Mons Memorial Museum (Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit), le
Musée du Doudou dans l’ancien mont-de-piété (Sofateliers), la
salle de concerts Arsonic et le musée d'histoire naturelle le
Silex's (Holoffe & Vermeersch).
Chine ardente, jusqu'au 4 octobre
Atopolis, jusqu'au 18 octobre
Près de Roubaix, la villa que la famille Cavrois fit construire par Mallet-Stevens en 1932 a ouvert au public le 13 juin. Ce monument de la modernité bourgeoise avait bien failli être détruit en 2001. Fort – et volontairement – dégradé, il avait été sauvé de justesse par l’engagement du Centre des monuments nationaux qui y a entrepris un très ambitieux travail de restauration.
Entre Monaco et Menton, la petite presqu’île de Roquebrune-Cap-Martin rassemble, sur quelques centaines de mètres carrés, la villa E-1027 construite en 1929 par Eileen Gray et Jean Badovici (et dans laquelle Le Corbusier fera quelques célèbres graffitis exécutés en tenue d’Adam), le Cabanon dudit fresquiste nudiste (son château de 3,66 x 3,66 mètres monté en 1952) et les Unités de camping que l’architecte construisit en rétribution du bout de terrain laissé pour son cabanon par Thomas Rebutato, lui-même propriétaire du petit restaurant L’Étoile de mer, où tout ce petit monde venait se restaurer. Si ces derniers sont visitables depuis longtemps, la villa E-1027 ne pouvait l’être car elle était en restauration depuis 2007. Une seconde tranche de travaux devrait débuter en novembre et la maison ne sera alors plus ouverte au public pendant longtemps.
Inauguré en juillet pendant le festival d'Avignon, le nouveau musée accueillant l’exceptionnelle collection d'art contemporain d'Yvon Lambert présente aussi l'exposition consacrée au « Musée imaginaire de Patrice Chéreau ». Un hommage construit à partir des collections de la donation Lambert, des archives de l’IMEC (l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine) – où le metteur en scène disparu en 2013 avait déposé l’ensemble de ses archives – et de nombreux prêts d’autres musées, notamment des œuvres de Goya, La Tour, Picasso ou Bacon. La réhabilitation des deux hôtels particuliers dans lesquels se sont installées les collections a été conçue par les architectes de l'agence Berger&Berger, une réalisation que d'a vous présentera dans son numéro de septembre.
Le musée
imaginaire de Patrice Chéreau, jusqu’au 11 octobre 2015
Continuant à parcourir la ville, Frédéric Chaume nous livre les derniers dessins de ses déambulations. Il nous fait part de l'avancée des chantiers du palais de Justice de Renzo Piano dans le quartier des Batignolles, de l'immeuble de bureaux Visalto de l'Atelier 2/3/4 boulevard d'Indochine et du chantier du Nuovo, futur siège social de L'Oréal à Clichy-la-Garenne.
Quel est le point commun entre un robot aspirateur de salon, un pot de chambre pour bébé, une voiture de course et un sushi défilant sur un tapis de restaurant japonais ? Tous pourraient prendre la forme du Stade olympique de Tokyo dessiné par Zaha Hadid, affirme preuve à l’appui le site Kotaku, qui a rassemblé une vingtaine d’images détournant l’enceinte sportive pour toute sorte d’usage, inclusion dans des jeux vidéo fictionnels ou rencontre avec le mythique Godzilla, qui vient rencontrer l’autre monstre sacré qu’est l’architecte anglo-irakienne. Figurent dans les photomontages plusieurs images du stade en casque de vélo, comparaison déjà osée par le quotidien britannique The Guardian.