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Quel est le point commun entre un robot aspirateur de salon, un pot de chambre pour bébé, une voiture de course et un sushi défilant sur un tapis de restaurant japonais ? Tous pourraient prendre la forme du Stade olympique de Tokyo dessiné par Zaha Hadid, affirme preuve à l’appui le site Kotaku, qui a rassemblé une vingtaine d’images détournant l’enceinte sportive pour toute sorte d’usage, inclusion dans des jeux vidéo fictionnels ou rencontre avec le mythique Godzilla, qui vient rencontrer l’autre monstre sacré qu’est l’architecte anglo-irakienne. Figurent dans les photomontages plusieurs images du stade en casque de vélo, comparaison déjà osée par le quotidien britannique The Guardian.

Les auteurs de ces caricatures architectoniques se doutaient-ils que leurs œuvres seraient bientôt la seule trace du bâtiment ? La croissance exponentielle des coûts et l’opposition virulente au projet, conduite par des architectes comme Arata Isozaki — qui voyait dans le dessin de sa camarade Zaha une « tortue semblant attendre la submersion du Japon pour partir à la nage » — vient d’entraîner son abandon. Le Premier ministre Shinzo Abe vient d’annoncer qu’il renonçait au projet chiffré à 1,87 milliard d’euros, plus du double de l’estimation de départ. Le chef de projet chez Zaha Hadid, associé à l’agence japonaise Nikken Sekkei, impute les dépassements de budget à l’augmentation des prix des matériaux. Ce nouveau revers asiatique survient alors que Patrick Schumacher, associé de la Pritzker, a annoncé vouloir se tourner vers les États-Unis pour compenser la baisse des marchés chinois, fatigués de « l’architecture bizarre » fustigée par le président Xi Jinping. La tornade Zaha devrait être en vue des cotes américaines, ou dans le Golfe persique. Le Qatar ne parle pas d’abandonner son stade, qui sortira de terre s’il conserve la coupe du monde de football. Celui-là avait été comparé à un Vagina (en anglais dans le texte) par des critiques peu charitables...