Elle n'a jamais voulu tirer parti de sa
singularité en tant que femme dans le paysage de l'architecture
française, elle est pourtant la première à avoir émergé par son
talent et son engagement parmi un petit monde qui au début des
années 80 était encore 100% masculin. Diplômée de l' École
d'architecture de Paris-Belleville en 1974, Édith Girard y enseigne
dès 1976 au sein du groupe UNO autour d'Henri Ciriani. Elle est
décédée samedi des suites d'un long cancer mais elle enseignait
jusqu'en juin de cette année.
Elle se fait remarquer dès ses
premières réalisations, notamment avec des logements quai de la
Loire à Paris en 1985. La conception et l'invention dans le logement
social était alors la commande privilégiée des meilleurs
architectes auxquels elle appartenait. Contrairement à beaucoup de
ses confrères qui ont délaissé ce type de commande pour d'autres
plus valorisantes auprès des médias, elle a jusqu'à la fin mis
toute son énergie dans cet engagement social et architectural.
Installée à Montreuil, elles exerçait depuis quelques années avec
Olivier, son mari également architecte et enseignant. Dans
l'entretien qu'elle nous a accordé l'année dernière, elle
regrettait que « la conception de logement n'est
malheureusement plus au centre des préoccupations des architectes
les plus médiatisés ». Son enseignement et son œuvre
garderont la valeur d'exemplarité qu'ils ont déjà exercé ces
trente dernières années.