Copyright : © DR

Mercredi 25 mars sort en salle le cinquième long-métrage d'Eugène Green : La Sapienza. Le réalisateur place l'architecture au coeur de son nouveau film en explorant tour à tour le dôme céleste de San Lorenzo, la chapelle Santissima Sindone ou la superbe église Sant'Ivo alla Sapienza qui donne son titre au film. 

Romancier, homme de théâtre, cinéaste, passionné du baroque, Eugène Green est un transfuge : né en 1947 à New York, il a laissé derrière lui les États-Unis, ce « pays de la barbarie », pour venir à Paris et apprendre le français. Dans ses films (Toutes les nuits, Le Monde vivant, Le Pont des arts, La Religieuse portugaise), il surprend par sa direction d’acteurs peu commune : ses personnages articulent, font les liaisons, parlent un français littéraire mais visité soudain de mots décontractés.


La Sapienza, c'est l'histoire d'un quatuor. Alexandre (Fabrizio Rongione), brillant architecte quinquagénaire en proie à des doutes sur le sens de son travail et de sa vie, décide de partir en Italie avec le projet d'écrire un essai qu'il médite depuis longtemps sur le maître baroque Francesco Borromini. Sa femme (Christelle Prot Landman) l'accompagne. Dès le début de ce voyage initiatique ils rencontrent une fratrie soeur-frère, Lavinia et Goffredo (Arianna Nastro et Ludovico Succio). La jeune fille, victime d'étranges crises de langueur, s'était évanouie face à eux. Cette rencontre fortuite donne un tout autre tour à l'échappée initiatique des deux voyageurs. Chaque duo se reforme sous forme mère-fille et père-fils. Eugène Green donne une grande importance au principe d'échange et de transmission. Afin de veiller Lavinia toujours alitée, Alienor reste à Stresa et lui enseigne le français. Alexandre et Goffredo partent à Rome explorer le baroque mystique de Borromini qui les mène à une réflexion plus vaste sur la place de la lumière en architecture.

Les visites d'édifices suivent ainsi l'évolution des émotions des personnages : l'architecture, selon cette oeuvre « greenienne », est expiatoire. « Les personnages principaux, explique Eugène Green, sont opprimés par une présence fantomatique qui les obsède. C'est précisément à travers une absence, puis une nouvelle présence, et enfin la tutelle mystérieuse de Borromini qu'ils arrivent à se libérer de la source de leur souffrance ».


Séance spéciale le mercredi 25 mars, jour de sortie, au MK2 Beaubourg , en présence d'Eugène Green et Christelle Prot.


Réalisé par Eugène Green. France / Italie. 1h44 (Sortie le 25 mars 2015).

Avec Fabrizio Rongione, Christelle Prot Landman, Ludovico Succio, Arianna Nastro, Hervé Compagne, Sabine Ponte, Gilles Tonnelé et Nathalie Chazeau.


Retrouvez dans le d'a 234 à paraître en avril l'article de Richard Scoffier : Lumière : La Sapienza d'Eugène Green.

ImageImageImage