Architecte formé à l'institut Berlage de Rotterdam le néerlandais Bas Princen expose ses photographies jusqu'au 6 août à la Solo Galerie. Proche des architectes de sa génération comme Kersten Geers ou Anne Hotrop, il porte un regard sur la limite des choses en mouvement, lorsque s'estompe la frontière entre naturel et artificiel.
En 2010 Bas Princen photographiait cinq
villes du Proche-Orient (Istanbul, Beyrouth, Amman, Le Caire, Dubaï)
mettant en exergue la conquête de la ville générique sur les
territoires (à lire ICI le portrait du photographe publié dans le d'a
de mai 2012). La galerie parisienne Solo présente une
« monographie » d'une quinzaine de photographies de
différentes séries réalisées entre 2005 et 2016. L'homme et
l'espace construit sont presque toujours absents de ces très grand
tirages, laissant la place à un territoire écrasant. Mais Bas
Princen cultive l’ambiguïté tout comme ses rares apparitions. La
nature vierge et pure n'existe
plus, remplacée par l'artificiel. En y regardant de
plus près les traces de l'homme apparaissent et c'est par le vide
que cette présence se fait
plus évidente. Dans
Reservoir la vallée
s'affaisse sous le poids d'un projet de génie civil, dans Mine
l'excavation du sol révèle les strates des différents minéraux.
Pour mieux expliciter son propos, Bas Princen expose deux
tirages de la série Room of Peace de 2014. Ils représentent
des fragments de peintures murales, fragments illustrant des paysages
idylliques façonnés par l'homme.
Le paysage est inéluctablement construit, travaillé et sujet à des mutations. Par le jeu des échelles et des cadrages Bas Princen construit un discours comme il aurait pu construire une architecture. Il isole certaines parties du tout pour en révéler leur structure, pense la ruine pour mieux souligner la fragilité du territoire. Loin de la photographie documentaire, Bas Princen assume la subjectivité de son interprétation. Plus qu'un simple témoignage de ses expositions les livres qu'il édite font partis intégrante de sa production, regardant le monde comme un architecte, il construit dans l'épaisseur des livres.





