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Une polémique secoue le milieu architectural depuis la révélation du projet de David Chipperfield pour la Haus der Kunst (maison de l'art) à Munich. Le parvis réaménagé, débarrassé de ses arbres, dévoile l'imposante façade néo-classique aux 22 colonnes, symbole représentatif de l'architecture nazie. Un projet considéré par certains comme « un pas en arrière » dans les actions menées pour que l'Histoire ne soit pas oubliée.

Initialement appelé « Maison de l'art Allemand », par opposition à l'art désigné comme « dégénéré » par les nazis, le musée a ouvert ses portes en 1937. Il est conçu par Paul Ludwig Troost (1878-1934), architecte préféré d’Hitler, dans le but de promouvoir la vision Nationale Socialiste de l'art. Après la guerre, le bâtiment est toujours utilisé, mais ses abords sont remodelés de manière à lui faire perdre de sa superbe : les escaliers sont supprimés au profit d'une rampe, l'entrée est déportée sur le côté et une importante rangée d'arbres est plantée pour masquer la façade.


En 2012, le gouvernement Bavarois a approuvé la rénovation de la Haus der Kunst. Un concours est organisé, à l'issue duquel est retenue la candidature de David Chipperfield. Mais son projet dérange et pour cause, puisqu'il entend réhabiliter le parvis, considérant qu'un tel bâtiment ne devrait pas «se cacher derrière les buissons ».


Charlotte Knobloch, représentante de la Israelitische Kultusgemeinde (association culturelle israélite) s'indigne de ce « retour en arrière stylistique » qu'elle considère comme un « dangereux signal de reconnaissance voire de glorification des anciens bâtiments nazis ». Le journal allemand Tagesspiegel n'est pas en reste, affirmant que « tout ce qu'il manque est la Swastika ». L'architecte se défend de ces accusations à travers une lettre publiée dans The Architects' Journal. Il y rappelle que le bâtiment n'a cessé d'être en activité depuis 1946, jusqu'à devenir un monument culturel d'importance internationale. De plus, compte tenu de l'investissement d'ores et déjà mis en place pour la réhabilitation du bâtiment (78 millions d'euros), il lui semblait normal de reconsidérer les espaces extérieurs qui lui sont attenants, afin de rouvrir le bâtiment sur la ville.


Ses détracteurs restent néanmoins persuadés que d'autres alternatives, « tournées vers le futur » et non le passé, sont envisageables.

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