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Si la majorité des architectes et professionnels français défendent le recours au concours pour la commande publique, le dispositif ne fait pas pour autant l’unanimité. Des voix s’opposent à une procédure qu’ils qualifient de « longue et coûteuse ».

Comme on a pu le lire ces dernières semaines dans les différentes lettres, tribunes et pétitions adressées  au gouvernement (publiées par ailleurs sur le site de d’a http://www.darchitectures.com/architectes-et-entreprises-du-btp-inquiets-de-la-loi-elan-a3885.html ; http://www.darchitectures.com/tous-les-architectes-se-mobilisent-contre-la-loi-elan-a3888.html ; http://www.darchitectures.com/alerte-elan-a3890.html), l’ensemble des professionnels du cadre bâti s’engage pour le maintien des règles actuelles de la commande publique et alertent sur la perte de qualité dans l’habitat que le projet de Loi Logement (Loi ELAN) risque d’aggraver. 

 

Avec plus de deux cents architectes engagés et une pétition signée par 2000 personnes, la mobilisation est considérable. Mais tout le monde n’est pas du même avis. Les organismes HLM ont affirmé qu’ils ne souhaitaient plus être soumis à l’obligation de concours d’architecture qu’ils considèrent comme un obstacle à « l’accès au rôle de maître d’ouvrage ». D’après Christophe Boucaux, directeur de la maîtrise d’ouvrage de l’Union sociale pour l’habitat (USH), les organismes en question sont eux aussi soucieux de renforcer la commande HLM et attentifs à la durée de vie des bâtiments mais estiment que c’est en « renforçant le rôle des organismes HLM en tant que maîtres d’ouvrage que ces problématiques pourront être résolues ». Ce à quoi il ajoute que ces derniers ont « à peine le temps d’organiser un concours » et se pose la question de la pertinence de réunir un jury pour « un programme d’une vingtaine de logements », qui correspond en moyennes à leurs programmes.

Enfin, l’USH estime que l’obligation de concours qui « tend à exclure les organismes HLM du jeu » augmente de manière inquiétante la part de logements sociaux construits en VEFA au détriment de contrats conception-réalisation ou de marchés globaux qui « permettent d’aller plus vite et d’optimiser les coûts ».

 

La position de l’USH est partagée outre-manche pas certains professionnels anglais, mais pour de toutes autres raisons. Ils tirent la sonnette d’alarme sur le recours au concours qui « suppose un travail considérable, la plupart du temps non rémunéré ».

Jeudi dernier, la question de l’utilité des concours a fait l’objet d’un débat à Londres qui a divisé les invités1. Alors que Malcom Reading Associates vante la réputation mondiale des concours et le fait qu’ils apportent de l’expérience aux participants et permettent aux préselectionnés de profiter d’une certaine publicité ; les autres participants estiment qu’ils « exploitent les jeunes architectes et leurs font perdre du temps et de l’argent ».

Ainsi, alors que Russel Curtis qualifie les concours de « pire moyen de passation des marchés », Kay Hughes appelle les organisateurs à « prendre leurs responsabilités en limitant le nombre de participants présélectionnés et la quantité de travail à rendre pour les étapes initiales ».



1 Selon The Architect’s journal, le débat a eu lieu au Central Saint Martin à Londres entre Russel Curtis de l’agence RCKA, Kay Hughes de l’agence Khaa, l’organisateur de concours Malcom Reading Associates et Claire Bennie de l’agence Municipal.