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Jusqu’au 10 juin 2018 se tient à la Fondation Cartier pour l’art contemporain Freeing Architecture, exposition de l’architecte japonais Junya Ishigami. Une vingtaine de ses projets actuels y sont présentés ainsi qu’une réflexion sur l’architecture et son environnement. Architecte reconnu pour ses constructions à la fois singulières et délicates, il avait déjà fait l'objet d'une retrospective au centre d'architecture arc en rêve à Bordeaux en 2014. Il s'agit aujourd'hui de la première grande exposition personnelle de l’artiste, âgé de seulement quarante-quatre ans. Il y expose sa vision d’une « architecture libre ».

Junya Ishigami appartient à la jeune génération d’architectes japonais ayant connu un engouement mondial depuis les années 2000. Diplômé des Beaux-Arts de Tokyo, il a fondé à 30 ans sa propre agence d’architecture, JUNYA.ISHIGAMI+ASSOCIATES. Il a reçu en 2010 le Lion d’or à la Biennale de Venise et s’est rapidement démarqué avec des projets à l’étonnante délicatesse, semblant défier les règles de l’apesanteur. C’est le cas de la House of Peace à Copenhague, bâtiment symbole de paix commandité par l’ONG HOPE. Conçu comme un gigantesque nuage flottant sur l’eau, il sert d’espace de réflexion et de médiation.

 

Intitulée Freeing Architecture, l’exposition regroupe une vingtaine de projets pour la majeure partie en cours. Le visiteur découvre ainsi des jardins d’enfants remplis d’animaux à la taille colossale, une université polyvalente, une chapelle œcuménique, une maison-restaurant coulée en béton, des jardins irrigués, etc. Le bâtiment de Jean Nouvel dialogue ainsi avec les maquettes, dessins, toiles, collages, moulages et films d’Ishigami, donnant un aperçu de l’univers poétique de l’architecte. Il s’agit cependant moins de revenir sur la conception des projets que de transmettre sa vision de son art - une architecture souple et libre. « J’aime penser l’architecture librement, avoir une vision la plus souple, la plus ouverte, la plus subtile possible, pour dépasser les idées reçues sur l’architecture. » confie-t-il. C’est alors un véritable art poétique qui se dessine derrière ces maquettes oniriques qui, loin d’être des outils de travail, ont été réalisées spécialement pour l’occasion et sont les véritables œuvres d'art de l'exposition.

 

Tout au long de la visite, plusieurs courts films permettent de prendre conscience de la phase de réalisation des projets et de constater l’effort extraordinaire mis en place pour la construction. Le visiteur découvre notamment la réalisation du projet Habitation et restaurant, un bâtiment en béton qui a littéralement été coulé dans le sol et qui a abouti à la formation d’une « grotte ensoleillée » évoquant une cave à vin. En montrant la charge considérable de travail nécessaire à l’aboutissement de ces projets, ces vidéos pointent également du doigt l’aspect parfois utopique des créations d’Ishigami.

 

Esprit créatif incontestable, Ishigami demeure toutefois une source d’inspiration réelle que la Fondation Cartier honore en organisant des événements - soirées nomades et nuits de l’incertitude - pendant toute la durée de l’exposition : masterclass de Junya Ishigami, nuit du Nuage avec Cédric Villani, concert du collectif Penguin Cafe, etc.





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