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La Maison de la Radio conçue par Henry Bernard vient d’être inscrite au titre des Monuments Historiques. Ce classement rappelle l’intérêt public de l’édifice et permettra d’assurer sa préservation.

La Maison de la Radiodiffusion-Télévision française marque de son empreinte le paysage des bords de Seine et l’histoire de l’architecture française. L’inscription du bâtiment mais aussi des œuvres plastiques de François Stahly, Louis Leygue, Georges Matthieu, Jean Bazaine et Gustave Singier qui se trouvent à l’intérieur rappelle que la Maison de la Radio est aujourd’hui l’un des principaux centres de diffusion de la création artistique en France.


Lancé en 1952 afin de remplacer les 39 locaux inadaptés qui accueillaient alors les équipes de radiophonie, le concours rempoté par Henry Bernard visait à offrir un espace de travail convenable et de meilleurs équipements à ces professionnels. La forme circulaire de l’édifice formule une volonté de regrouper les divers acteurs de la radiophonie française, mais participe aussi d’une réflexion fonctionnaliste.


Les fonctions des espaces sont organisées selon la chronologie des étapes de production d’une émission de radio. La grande couronne extérieure accueille les espaces d’enregistrement. Les 58 studios y constituent des cellules de forme trapézoïdale juxtaposées au sein de la structure d’ensemble. La couronne intérieure abrite ensuite tous les espaces liés à la production : centre de montage, atelier de copie des enregistrements, etc. C’est finalement dans la tour centrale, haute de 68m, que sont entreposées les collections et diverses archives. Le centre distributeur de modulation (qui permet d’assurer techniquement la radiodiffusion) est situé dans le sous-sol de l’édifice.


Le nom même de Maison de la Radio traduit le fait que cet espace de travail soit conçu avant tout comme un lieu de vie. Les nombreux espaces de sociabilité meublés par Pierre Paulin offrent aux employés l’occasion de se retrouver, de déjeuner ou de travailler ensemble. Des foyers permettent au public ou aux artistes venus pour les enregistrements de se reposer.


Cet édifice singulier a su s’adapter aux diverses évolutions technologiques dans le domaine de l’audiovisuel et de l’acoustique. Cependant, un projet de réhabilitation mené depuis 2009 par Architecture-Studio s’est avéré nécessaire afin de mettre le bâtiment aux normes, ainsi que de moderniser et restaurer les ouvrages d’origine. Trois nouveaux puits géothermiques seront creusés pour compléter celui qui permettait déjà à l’ensemble de bénéficier d’un système de chauffage et de climatisation quasiment autonome et écologique. Par ailleurs, l’architecte Stéphane Maupin a récemment aménagé dans la Maison de la Radio le restaurant Radioeat et le bar à cocktails Bel air, ouverts aux employés comme au public, dans un projet qui rend hommage au modernisme d’Henry Bernard.


Radio France, en demandant l’inscription auprès du ministère de la Culture, espérait certainement obtenir un soutien qui lui permettrait de préserver l’édifice, et notamment sa façade. Cette dernière, dans laquelle l’usage de l’aluminium et de baies de 11m de hauteur pour 2m de large représentent une prouesse technique pour l’époque, se veut véritable incarnation de la modernité. Avec une surface de 100 000m2, ce « Colisée du XXème siècle » (Henry Bernard) incarne même, selon les mots prononcés par Charles de Gaulle lors de son inauguration en 1963, la grandeur de la France.

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