Si la ville de
Londres a attendu le 2 avril pour annoncer l’approbation de la Tulip tower signée Foster + Partners, c’est
bien pour ne laisser aucune place à l’incrédulité qu’aurait suscité une telle déclaration,
le 1er du mois. Un édifice dont les atours rappellent une tulipe, paraît-il,
érectera à 305 mètres de haut non loin du Gherkin
(la tour "cornichon" que l’on doit au même Norman Foster) à
Londres. Le bâtiment rivalisera avec le plus haut bâtiment d'Europe occidentale,
The Shard (ou "fragment", de
Renzo Piano) qui domine l’autre rive de la Tamise depuis 2013.
«Après un débat long et musclé, le comité a décidé d’approuver cette attraction touristique vraiment unique», a déclaré le président du comité de planification, Chris Hayward.
Objet d’une controverse avant même son approbation, la tour attire plus encore de critiques depuis qu’elle est sûre de voir le jour à l’horizon 2025. Sara Fox, influente commanditaire du gratte-ciel voisin, le Gherkin, parle d’une « abomination » pendant que d’autres posent la question de la nécessité d’une nouvelle attraction touristique proposant des vues sur la ville. "Avec de nombreuses autres galeries d'observation à quelques centaines de mètres, la réponse est non.", insistent-ils.
Pour atteindre le sommet de la tour dessiné pour rappeler
les pétales d’une tulipe bulbeuse, des attractions se succèdent et accompagnent
l’ascension des visiteurs le long d’une tige mince. À 300 mètres au-dessus du sol, les galeries
d’observation de la tour contiendront des ponts aériens, des glissières en
verre et plus étonnamment encore, des promenades verticales en nacelle sur la
façade du bâtiment. Sans grande surprise, un restaurant offrira, comme il se
doit, une vue à 360 degrés sur la ville. Un dispositif qu’on retrouve notamment
au sommet de l’iconique BT Tower (qui compte parmi les plus hautes structures
londoniennes depuis 1965).
Le projet comprendra également un volet éducatif avec une « classe dans le ciel » offrant 20
000 places gratuites par an aux enfants des écoles publiques de Londres. Les
concepteurs n’hésitent pas à affirmer non sans optimisme qu’elle « offrira des avantages significatifs aux
Londoniens et aux visiteurs en tant que monument culturel et social avec des
ressources éducatives inégalées pour les générations futures."
Le début du chantier est prévu pour 2020.



