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À la suite des annonces du président Macron en janvier 2025, un concours d’architecture vise à redonner souffle aux abords du Louvre. Entre mise en valeur patrimoniale et optimisation des flux, le musée amorce une transformation stratégique et attendue, aux contours encore flous.

La ministre de la Culture Rachida Dati a annoncé, le 28 juillet, le lancement d’un concours international d’architecture pour réinventer l’accueil du musée du Louvre, dans une opération baptisée « Nouvelle Renaissance ». Objectif : désengorger la Cour Napoléon, clarifier les parcours d’entrée, améliorer l’accessibilité et revaloriser le site, tout en répondant aux enjeux patrimoniaux, écologiques et symboliques du plus grand musée du monde.


Les candidatures doivent être déposées avant le 18 octobre 2025. Quatre équipes seront retenues à l’automne pour remettre leur projet en mars 2026. Le lauréat sera désigné en juin 2026, pour une mise en chantier à l’horizon 2027. Les candidats devront proposer une intervention sobre, lisible et à l’échelle du site, pour fluidifier l’accueil des visiteurs par la création de nouveaux accès depuis la Grande Colonnade, offrir un nouvel écrin à la Joconde sous la Cour Carrée, avec un espace muséographique dédié et une salle d’expositions temporaires. Le programme ambitionne également de valoriser le patrimoine architectural du palais, notamment la façade orientale dessinée par Perrault au XVIIe siècle, et de reconnecter le musée à son environnement urbain, entre Seine, Colonnade et place du Louvre.


Le jury, présidé par le préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume, est composé de représentants des institutions maîtres d’ouvrage : Laurence des Cars (musée du Louvre), Jean-François Hébert (ministère de la Culture), Anne Hidalgo (Ville de Paris), Christian Mourougane (OPPIC), Francis Steinbock et Arnaud Amelot (Louvre).
Côté experts, figurent des architectes comme François Chatillon, Anne Démians, Bernard Desmoulins, Roger Diener, Lina Ghotmeh, Hala Wardé et Li Chung Pei, ainsi que des personnalités qualifiées : Barry Bergdoll (Professeur d’histoire de l’art et archéologie, Université de Columbia à New York, membre du jury du Pritzker Prize), Neil McGregor (Historien de l'art, ancien Directeur de la National Gallery de Londres et du British Museum), Emilie Girard (Directrice des Musées de la Ville de Strasbourg), Sam Keller (Directeur de la Fondation Beyeler de Bâle), Marie Lavandier (Présidente du Centre des Monuments Nationaux), Sophie-Justine Lieber (Directrice générale de l’association « Les Arts décoratifs ») et Simon Texier (Secrétaire général de la Commission du Vieux Paris, Professeur d’histoire de l’art contemporain, Université de Picardie Jules-Verne).


Des membres consultatifs assisteront aux délibérations sans voix décisionnelle, parmi lesquels le secrétaire général du Ministère de la Culture Luc Allaire, le directeur du département des peintures du musée du Louvre Sébastien Allard, la Directrice générale de l’opérateur du patrimoine et des projets immobiliers Valérie Forey Jauregui, la Directrice de projet du Louvre Nouvelle Renaissance Cécile Rives, la Directrice financière, juridique et des moyens de l'Établissement Public du musée du Louvre Marie Lacambre et le Directeur de l'Atelier parisien d'urbanisme de la Ville de Paris Alexandre Labasse.


Si Rachida Dati parle d’un « nouvelle page [qui] s’écrit pour le rayonnement culturel de la France » et que le discours reste volontairement ambitieux, le calendrier serré et l’absence de précisions sur le budget ou la concertation interroge sur la capacité à garantir une réelle audace architecturale. La volonté de visibilité politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 pourrait-elle primer sur le débat architectural ? La « nouvelle Renaissance » promise devra faire ses preuves, entre contraintes logistiques et exigence patrimoniale et environnementale.