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Ce que nous avons redouté est advenu : la dissolution du GIP EPAU est programmée pour le 31 décembre 2026 et avec elle, d’une part le licenciement et la dispersion de son équipe et d’autre part bien sûr la cessation des recherches-actions qu’il portait. Cette dissolution sera actée demain (jeudi 9 juillet) à l'occasion de l’assemblée générale du GIP, mais l’information circule déjà : le Monde, qui avait accueilli notre Tribune, l’a diffusée hier.

Ironie de l’histoire : cette annonce intervient en pleine canicule, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître l’urgence où nous nous trouvons d'accélérer l’adaptation au changement climatique de la société, de ses infrastructures et de ses équipements : logements et écoles transformés en "bouilloires thermiques", sécheresses et incendies plus précoces et plus graves, réseaux ferroviaire et routier malmenés, biotopes et écosystèmes fragilisés, inégalités sociales accrues …  C’est tout le vivant qui souffre. 

Or précisément, cette décision, déjà arbitraire et prise sans la moindre consultation ni concertation avec ceux qu’elle concerne au premier chef -  élu.es locaux - met un terme à des actions et programmes partenariaux, qui, sur le fond, exploraient et expérimentaient le renouvellement de l’action publique pour en faire une réponse à hauteur de ces défis.

Notre mobilisation est restée sans effet malgré plus de 1500 signataires de la Tribune du Monde, malgré le nombre des courriers envoyés au Premier Ministre par les associations d’élus et les têtes de réseaux professionnels, malgré les plaidoyers et démarches spontanées des uns et des autres. 

Surdité du gouvernement ? Mépris d’une technocratie hors sol ignorante de ce qui se fait sur le terrain, dans un dialogue fructueux entre chercheur.esélu.es, responsables politiques de tous bords, professionnel.les de l’urbanisme, de l’aménagement et de l'environnement, et architectes ? 

S’il reste une petite chance de faire bouger les lignes, alors saisissons-là : il y a urgence à exprimer notre incompréhension et notre indignation. Incompréhension alors que la qualité et l’utilité des travaux du groupement et de l’ensemble des parties prenants impliquées dans les programmes ont été unanimement saluées. Indignation devant les conséquences humaines et sociales d’une telle décision tant pour les salarié.es du GIP que pour les contractuel.les impliqué.es localement dans l’animation et la mise en oeuvre des opérations de recherche-action et les expérimentations. 

Au-delà, il nous reste à trouver comment préserver les communautés de travail que ces programmes ont permis de développer et la coopération entre chercheurs et acteurs. Alors, si vous avez des idées...

Marie-Christine Jaillet, coordinatrice scientifique des programmes Popsu-transitions.

L'article du Mondehttps://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/06/en-pleine-vague-de-chaleur-le-gouvernement-met-fin-aux-programmes-de-recherche-sur-l-adaptation-des-logements-et-des-territoires_6721187_3234.html?srsltid=AfmBOooLRMDD2XddFyQV8qfK5mZJClloTRXTIHmP5DPsalYuWAbflwY8