Copyright : ©Adrià Goula
Josep Lluís Mateo nous reçoit dans son agence, au pied des montagnes qui, au nord, délimitent Barcelone. Rédacteur en chef de la revue Quaderns de 1981 à 1990, Professeur à l’ETH de Zurich depuis 2002, il est aussi l’auteur d’une architecture guidée par des choix structurels audacieux. Une démarche proche de l’abstraction, mais qui sait cependant rester sensuelle et concrète en allant parfois jusqu’aux frontières de la figuration…


D’A:  Comment définirez-vous l'architectures?


Pour Le Corbusier, c’est l’art des volumes sous la lumière. Moi, je préférerais la définition plus abstraite du critique suisse Martin Steinmann qui disait que l’architecture, c’était de la pensée exprimée en centimètres carrés. Une pensée condamnée à s’affirmer, non à travers des mots, mais en termes de surfaces, en restant attentive au moindre centimètre carré… Cette définition permet d’associer quelque chose d’abstrait et de noble – la pensée – avec de l’utilitaire, du prosaïque… Une vision finalement assez pragmatique qui reste plus proche de mes préoccupations que celle très poétique et plastique du maître moderne. On commence par la pensée, mais cette pensée bifurque et ne peut se déployer, ne peut trouver son amplitude que dans l’étendue, dans la surface, dans la matière… Ce jeu dialectique entre pensée et surface, pensée et matière est sans doute ce qui correspond le mieux à mon activité quotidienne de praticien. (...)$##$

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