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La reconstruction n'est pas une entreprise homogène, en témoigne le très intéressant petit ouvrage que vient de publier Elke Mittmann et qui accompagne l'exposition itinérante du même nom, organisée par la Maison de l'Architecture du Centre et présentée cet été à Sully-sur-Loire et cet automne au FRAC Centre, à Orléans.

Contrairement aux villes de l'Atlantique, comme Royan, Lorient ou Le Havre bombardées en 1945 par les alliés pour préparer leur débarquement. Les villes-ponts ligériennes, notamment Orléans, Giens, Sully et Châteauneuf sur Loire, ont été détruites en 1940 par l'aviation allemande dans le but d'enlever à l'armée française en déroute tout espoir de franchissement de la Loire et de retraite vers le Sud.

La question de la reconstruction s'est ainsi posée beaucoup plus tôt dans cette zone. Cependant c'est le Gouvernement Philippe Pétain et sa vision très particulière de l'architecture et de la ville qui mènera les premières études, opérant une synthèse entre l'architecture vernaculaire, les traditions constructives locales et l'hygiénisme. Sans moyens, le Régime de Vichy ne construira pratiquement rien. Mais ce sont ses hypothèses qui serviront de base aux travaux menés par la suite par la Quatrième République. Le villes reconstruites du Val de Loire se définissant même comme un laboratoire pour d'autres régions sinistrées.


Éditions HYX, 80 pages, 6 euros


Richard Scoffier, Paris le 2 septembre 2015