Le titre de l’ouvrage laisse entendre que ce qui s’élève, si ce n’est l’architecture, ce serait bien la voix montante des femmes, à travers le féminisme, qui déciderait de ce que l’architecture a été, peut être par les femmes et pour les femmes, remettant en jeu le rapport entre les sexes quant à l’art d’habiter et de cohabiter selon son genre. Il est grand temps que la profession, que les écoles d’architecture, s’emparent des textes ici traduits depuis le domaine américain ; à cet égard, il faut relever la précision de la traduction qui, sans geler les langues, provoque de possibles appropriations et nécessaires trahisons. Il s’agit d’incorporer de nouvelles notions dans le champ lexical de l’architecture depuis un point de vue féministe, qui ne renie en rien les contextes historiques, politiques et sociaux dont elles sont issues.
Cette anthologie illustrée avec pertinence aspire donc à libérer les paroles. Elle vise dans un premier temps à ouvrir le champ d’une réécriture de l’histoire de l’architecture contre l’invisibilisation des femmes et des minorités, en remettant en question les méthodes historiographiques canoniques ; dans un deuxième temps, elle incite à déconstruire les dispositifs spatiaux au prisme des genres et des sexualités résistant aux normes hétérocentrées ; enfin, dans un troisième temps, elle propose des manières de résister aux normes autour de la formation au métier et des diverses modalités de reconnaissance. Dans chacune de ces parties on trouvera des auteur·e·s majeur·e·s, ainsi Alice T. Friedman, Mark Wigley, Christopher Reed, Denise Scott Brown, Leslie Kanes Weisman. Elles et ils interrogent respectivement le changement de paradigme de l’habiter pour les femmes, dans l’espace queer, et le fait d’exister contre le sexisme du star-system de la profession, donc la nécessité de diversifier les pratiques de l’enseignement de l’architecture. FV
Des voix s’élèvent. Féminismes et architecture
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