Copyright : © DR

Belle surprise : cette réédition d'un livre paru en 1938 sur les architectures de Berbérie nous fait découvrir la richesse des constructions du Sud marocain, ainsi que de celles du M'Zab, de l'Aurès, de la Kabylie algérienne et des demeures tunisiennes de Tozeur et Nefta. Historien héritier de l'École française d'archéologie, Henri Terrasse participe à « l'œuvre civilisatrice » de Liautey au Maroc. Son texte et les magnifiques photographies qui l'accompagnent sont un témoignage précieux. L'engouement qu'il suscita alors permit sans doute de sauver des villages et des bâtiments dont la valeur patrimoniale, aujourd'hui évidente, ne l'était pas forcément avant guerre. Malgré l'empathie et l'acuité du regard que porte Terrasse sur ces architectures, son analyse est naturellement emprunte de l'idéologie colonialiste qui prévaut alors. La longue préface de Salima Naji montre comment les origines propres de cette culture, et notamment les influences africaines, sont systématiquement ignorées au profit d'une vision ethnocentriste qui privilégie une mise en perspective avec les grands moments de l'architecture occidentale. Cette critique préliminaire apporte les éléments nécessaires à une approche contemporaine de ce patrimoine et redouble l'intérêt de cette judicieuse réédition.


Kasbas berbères de l'Atlas et des oasis. Les grandes architectures du Sud  marocain, Henri Terrasse, préface de Salima Naji, Actes Sud / CJB, 20 x 26,50 cm, 192 p., 29