Le film écrit et réalisé par l'architecte et journaliste Françoise Arnold, L'Hypothèse Aldo Rossi, n'est pas une monographie sur « le Maître ». C'est avant tout une réflexion, à la fois prudente et inspirée, sur l'architecture.
L'« intrigue » nous
emmène de la campagne profonde limousine au centre d'art
contemporain de Vassivière, en passant par les œuvres les plus
célèbres de Rossi, et celles d'architectes contemporains. Dans le
même mouvement tranquille, rythmé par les accords lancinants de la
contrebasse d'Avishaï Cohen, les interviews de sept architectes
suisses ayant tous plus ou moins suivi l'enseignement d'Aldo
Rossi au « Poly » de Zurich dans les années 1970 parlent
du génie du lieu ; de la mémoire ; de la tradition ;
de l'essence de l'architecture, entre art et service ; de la
matérialité ; de l'intuition ; de la transmission…
Le
film (1 heure et 20 minutes) prend son temps. Certains plans
peuvent sembler d'une langueur non dénuée d'afféterie, mais
c'est cette lenteur assumée qui rend la parole des architectes
interviewés étonnamment juste, débarrassée des figures convenues
de l'hommage béat ou de l'autosatisfaction.
Bien loin de l'exercice convenu de la
monographie ou de l'hommage, L'Hypothèse est une
célébration de l'architecture.
L'Hypothèse Aldo Rossi,
Les
Productions du Effa, 2012. DVD + livre, 30 euro (20 + 10).
Entretiens avec : Roger Diener,
Jacques Herzog (sortant avec succès de sa posture de star
internationale), Marcel Meili, Quintus Miller, Bruno Reichlin,
Miroslav Sik et Peter Zumthor, ainsi que l'architecte français
Xavier Fabre, qui a réalisé avec Rossi le centre d'art de
Vassivière.

