Copyright : ©Diane GUYOTDESAINTMICHEL
Et si nous partions de l’idée, ou plutôt prenions le pari, que ce tout jeune XXIe siècle, à peine âgé de 22 ans, malgré tous les périls qui s’annoncent, toutes les menaces qui nous guettent, pourrait paradoxalement devenir un nouvel âge d’or de l’architecture ! Mieux encore, que les architectes auraient, à la manière d’une avant-garde, un rôle essentiel à y jouer dans un dénouement heureux ! C’est en tout cas le point de vue que j’ai envie d’adopter en guise de conclusion à cette chronique engagée il y a maintenant plus d’un an. Après tout, la Renaissance est née de l’épuisement d’un monde, la Révolution française a marqué un temps incroyablement fort, trop longtemps passé sous silence, de l’architecture comme un art de transformer le réel sous toutes ses formes. Les périodes de crise ne seraient-elles finalement pas plus propices que les autres au retour de l’architecture, à sa réinvention tandis que les périodes de continuité seraient vouées aux débats et évolutions stylistiques propres à la discipline ?Pour résister aux nombreux propos anxiogènes comme aux nouvelles angoissantes de toutes sortes, il nous faut, à la manière de Gramsci, « être pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté1 », en un mot, faire d’une menace une opportunité, d’une fragilité un atout. Il nous faut croire en l’avenir, et cela passe par l’action, encore et toujours : prendre la parole, porter la controverse, débattre, concevoir différemment, construire autrement. Le processus est déjà engagé, mais il faut aller plus loin et amplifier le mouvement. Les nouvelles générations ont dans ce moment critique, dont elles ont une conscience aiguë, un rôle essentiel à jouer. Transformation sociétale et transformation architecturale vont de pair.
Recherche-enseignement-pratiqueCette situation de crise nous offre la possibilité de reconsidérer l’architecture selon de nouveaux angles de vue. Faire de la transformation un acte de création à part entière, plus sensible, plus attentif, plus subtile, renouer avec une forme de continuation des situations qui a toujours existé, enjambant ainsi le XXe siècle marqué par l’esprit de rupture, prendre un nouveau départ, tels sont les enjeux majeurs. S’atteler au chantier de l’à venir, c’est approfondir et déployer une nouvelle approche à travers le triptyque recherche-enseignement-pratique. Le chantier est déjà engagé, reste à l’amplifier et l’accélérer, à coordonner actions et acteurs, mais aussi, et c’est plus difficile, à changer de logiciel, de critères d’analyse comme d’outils d’aide à la décision (...)$##$D’abord s’agissant de la recherche architecturale, aujourd’hui solidement ancrée dans les écoles d’architecture, et désormais en plein développement dans les agences, l’architecture de la transformation doit être au (...)
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