Comment parvenir à banaliser la prescription des matériaux bio- et géosourcés sans les réserver à des projets emblématiques ? Massification doit-elle rimer avec concessions ? Le développement des filières industrielles et l’architecture postcarbone sont intrinsèquement liés. L’optimisation des capacités de production et la recherche de valorisation des ressources locales sont au cœur des enjeux de recherche et développement. De nombreux industriels français maillent désormais le territoire pour produire localement et limiter les émissions liées au transport. Si la demande pour ces matériaux ne cesse d’augmenter, les fabricants n’en restent pas moins confrontés à des enjeux de pérennité, comme en témoignent les fermetures récentes de Cycle Terre et de Bati Sens en Île-de-France. En parallèle à ces questions, l’accompagnement des équipes de maîtrise d’œuvre et d’ouvrage s’avère primordial pour simplifier l’intégration des matériaux bio et géosourcés dans les projets.
MAAU est une agence de sourcing en matériaux et produits pour l’architecture et l’aménagement urbain créée par Chloé Grossetête, diplômée en architecture HMONP-urbaniste. Le choix de ceux-ci est un enjeu reconnu comme fondamental par les architectes. Or, la réalité en agence se confronte à une offre abondante, en constante évolution, complexe et chronophage à appréhender. C’est ainsi qu’est née la vision de MAAU : relier les architectes et la matière. MAAU propose des solutions concrètes pour surmonter les problématiques liées aux matériaux, en toute indépendance des fabricants. Elle aide les agences à identifier les filières locales d’un lieu de concours, à innover face à des prescriptions « habituelles », à trouver des alternatives plus vertueuses ou encore à faire émerger une matérialité donnée.
© Biofib |
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Du champ aux murs
Biofib, fabricant vendéen de panneaux isolants intérieurs semi-rigides à base de chanvre, double ses capacités de production grâce à l’inauguration d’une deuxième usine. Sa nouvelle ligne de production permet en outre de produire des panneaux aux dimensions plus variées, pouvant atteindre une largeur de 900 mm pour les panneaux Biofib’Cloison. Le chanvre utilisé est récolté à moins de 150 km de son lieu de transformation par les agriculteurs de la Cavac, coopérative fondatrice de Biofib. La plante est intégralement valorisée : la chènevotte sert à la production de bétons de chanvre ou d’enduits chaux-chanvre et les fibres pour la fabrication des panneaux isolants. Les panneaux Biofib chanvre et Biofib’Cloison affichent ainsi un bilan carbone négatif. Panneaux isolants Biofib chanvre et Biofib’Cloison Biofib |
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Carton plein Valosense produit des panneaux isolants semi-rigides thermiques et acoustiques à base de 90 % de cartons recyclés et broyés, collectés à moins de 10 km de l’usine située en Haute-Loire. Ces isolants sont disponibles en 600 mm x 1 200 mm pour des épaisseurs comprises entre 40 et 145 mm. Deux ATEx de cas A encadrent leur utilisation en isolation intérieure des murs (maçonnerie, béton et ossature bois et cloisons) et combles (rampants de toiture et planchers). Données techniques : conductivité thermique λ = 0,037 W/m2.K, coefficient d’absorption acoustique (αw) = 0,95 pour 100 mm d’épaisseur, réaction au feu F, destiné aux bâtiments de logement, tertiaires, commerciaux et aux ERP dont le dernier plancher haut est inférieur à 8 mètres du sol. Autres dimensions sur demande. Panneaux isolants Valoflex Valosense |
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Paille insufflée : la revanche du premier petit cochon
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Un feuillu qui tient aussi l’hiver |
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Ni ne plie, ni ne rompt Batichêne propose des panneaux CLT de chêne utilisables en éléments de structure, de contreventement et de cloisonnement pour les habitations, ERP, bâtiments de bureaux, surélévations jusqu’en R+3 ou 18 mètres. Ces panneaux sont réalisés à partir de feuillus (procédé inédit, habituellement en résineux) dont la forte densité permet un stockage carbone jusqu’à +60 % par rapport à ceux produits à partir de résineux. La démarche de Batichêne vise en outre à valoriser en structure des bois locaux de qualité secondaire (de plus petit diamètre et avec plus de nœuds). Données techniques : sous enquête de technique nouvelle (ETN), réaction au feu D-s1, d0, résistance au feu REI45 pour le 3 plis et REI 60 en mur / REI 30 en plancher pour le 5 plis. Utilisable en zones sismiques 1 à 4. Dimensions maximales : 6 000 x 3 200 mm. Brut de collage ou poncé. Panneaux lamellé-croisé de chêne Batichêne
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Construire léger
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D’une pierre, deux fois plus Carrière de Noyant extrait et transforme une pierre calcaire tendre du bassin parisien. L’engouement actuel pour la construction en pierre challengeant la productivité, Carrière de Noyant a inauguré une nouvelle usine permettant de doubler sa capacité de production pour une même quantité de pierre extraite. L’économie de matière est permise par une évolution de la technique de découpe en épaisseur et non plus en hauteur. Cette pierre de teinte blanc crème à beige est essentiellement utilisée en élévation, en murs massifs ou semi-porteurs. Pierre calcaire Carrière de Noyant
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Au tour de la terre Terrio est un préfabricant de blocs de pisé. Ces blocs peuvent être utilisés pour la construction de murs porteurs (jusqu’à R+2) ou en éléments de façade non porteurs, cloisons et refends. Habituellement mis en œuvre d’avril à octobre, la préfabrication permet de réaliser du pisé toute l’année et d’avoir une vitesse de pose bien supérieure à une mise en œuvre in situ (jusqu’à 50 m2 par personne et par jour). La terre crue est issue de déchets de carrières de granulats situées à moins de 10 km de l’atelier (en région lyonnaise) et, de façon plus ponctuelle, de terres d’excavation de chantier. Le pisé étant une technique non courante, Terrio accompagne les équipes de projet et de gros œuvre pour faciliter son intégration dans les projets. Blocs de pisé préfabriqués Terrio
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Parquets infinis |
© Biofib
© Valosense
© Kritsof Guez
© Charly Broyez
© Sarah Morvan
© François Prinvault architecte
©Carrières de Noyant
©Terrio
© Deschaumes