n°323 - février/mars 2025

  • Ringardiser La Performance : Construire La Robustesse - Sommaire

    Parmi la collection des Tracts Gallimard, l’essai du biologiste Olivier HamantAntidote au culte de la performance. La robustesse du vivant a connu un vif succès éditorial depuis sa parution en 2023, car il bouscule nos idées reçues quant aux voies à suivre pour surmonter la crise socio-écologique.Sa proposition, étayée par ses observations scientifiques du vivant, est un renversement total qui détrône notre quête systématique de performance au profit d’une recherche de robustesse bien plus apte à nous faire traverser les fluctuations du monde.

  • Agglutination conviviale - Espace social commun du quartier Maurepas Gayeulles, Rennes (35) par Béal et Blanckaert et Bourdet Rivasseau

    Couronné du Prix d’architectures 10+1 2024, l’Espace social commun du quartier de Maurepas, à Rennes, réalisé par l’agence lilloise Béal et Blanckaert associés aux Rennais Bourdet et Rivasseau, est une étonnante agglutination de « maisons » fort accueillantes dans un secteur urbain réputé difficile. À l’opposé d’une architecture de services sociaux à l’esthétique souvent tertiaire et intimidante, la domesticité de ces espaces change la relation entre l’administration et ses usagers. Ce projet nous rappelle avec brio que l’architecture doit avant tout être facilitatrice des relations humaines.

  • Atelier de Montrottier : acteurs de leur territoire

    Ancré dans les monts du Lyonnais, l’Atelier de Montrottier cultive une pratique de l’architecture plurielle et généraliste, « à guichet ouvert ». Dans les territoires délaissés qu’ils ont choisi d’investir, ils tentent de diffuser une autre culture du projet et de la construction : frugale, collaborative et expérimentale.

  • Construire la collectivité - Siège communautaire de Moselle et Madon, Neuves-Maisons (54) par Studiolada

    Avec le siège communautaire de Moselle & Madon, Studiolada illustre son engagement en faveur d’une architecture à la fois écologique, sociale et participative. En invitant les usagers à contribuer à la construction du bâtiment, le projet incarne une approche collaborative exemplaire, même si l’on aurait aimé une attention plus forte portée aux enjeux formels, urbains et symboliques.

  • Continuité/rupture. Concours pour le restaurant universitaire de l’École d’architecture de Clermont-Ferrand

    Comment construire à l’ombre d’un bâtiment héroïque en béton datant des années 1930 qui abrite aujourd’hui une école d’architecture dont la pédagogie est très attentive à la question du contexte et des ressources ? Une question épineuse sur laquelle ont dû plancher les quatre équipes d’architectes sélectionnées pour participer au concours du restau U chargé de compléter cet équipement.

  • Contre la robustesse, cinq réflexions

    L’architecte Ariel Genadt qui réside et enseigne aujourd’hui en Pennsylvanie est un spécialiste du Japon moderne et contemporain, et notamment de l’œuvre de Kengo Kuma. À l’occasion de plusieurs séjours dans l’archipel nippon, il s’est particulièrement intéressé à la notion de résilience architecturale. Critiquant une lecture trop littérale de la robustesse des bâtiments, qui deviendraient alors contre nature, suffocants et indigestes, il plaide au contraire pour une architecture exprimant avec noblesse sa faiblesse et sa vulnérabilité.

  • Course béate à l’optimisation

    Face aux enjeux environnementaux, la course à la performance tourne à plein régime. Mais entre cette fuite en avant et l’utopie du solutionnisme qui l’accompagne souvent, un sentiment de malaise nous gagne ; l’impression d’être dans une impasse. Mais pour remettre en question des comportements dont la vertu nous semblait jusqu’alors aller de soi, sans doute fallait-il que la remise en cause soit énoncée depuis un domaine apparemment étranger à l’architecture.

  • Éric Chevalier et Anne Masson : le textile sans a priori

    Depuis 2006, les designers Éric Chevalier et Anne Masson explorent la conception textile à différents niveaux d’intervention, sans a priori sur les résultats. Stimulés par les pratiques transdisciplinaires, ils collaborent avec des architectes, designers et chorégraphes et ont recours à un large éventail de techniques qui révèlent des aspects singuliers de la matière. Ces collaborations les conduisent à associer de fortes contraintes techniques à des dimensions plastiques et sensibles. Selon les projets, les mises en œuvre sont tant industrielles qu’artisanales, parfois les deux successivement sur une même pièce. Le duo travail aussi bien à l’échelle du fil qu’à celui du motif, de la structure et de la texture, jusqu’à l’élaboration d’une forme. Leur pratique, à la croisée de l’art et du design, interroge le textile dans des contextes intimes et collectifs et puise leur inspiration « du contexte de travail même : que demandent les lieux pour ceux, celles qui l’habitent ? »

  • Esthétique du naturel - Centre nordique, éducatif et sportif, La Féclaz, Savoie par Brenas Doucerain

    Situé sur la commune des Déserts, le centre de ski nordique de la Féclaz, livré en 2024 par l’agence grenobloise Brenas et Doucerain, s’inspire des granges d’alpage traditionnelles du massif des Bauges, construites en pierre et en bois. Mais le cadre normatif contemporain peu favorable aux matériaux géo- et biosourcés conduit les architectes à imaginer ici une architectonique singulière, hybride de matériaux modernes et anciens.

  • Interactions climatiques du chaux-chanvre

    Après s’être consacrée à l’exploration de la filière pierre en Île-de-France dans une exposition au Pavillon de l’Arsenal, l’agence Barrault-Pressacco a ouvert un nouveau chapitre de ses investigations matérielles. Leur ouvrage Wallness, qui vient de paraître aux éditions Caryatide, est une plongée dans le monde de l’isolation, détaillant les caractéristiques de la technique du chaux-chanvre pour renouveler la pensée architecturale des parois. Cyril Pressacco revient ici sur les vertus de cette écologie de la muralité, regardée comme de la robustesse appliquée (J. Choppin et G. Nicolas).

  • L’architecture de la destruction. Entretien avec Eyal Weizman

    En mai 2021, d’architectures avait publié la recension de son ouvrage La vérité en ruines1. Le 7 janvier dernier, nous l’avons interrogé sur l’évolution des investigations menées par Forensic Architecture (FA), qu’il dirige depuis 2010 au sein de la Goldsmiths University à Londres.

  • Margaret Dearing, l’envers du décor

    Dearing sous sols 01

    En s’enfonçant sous la dalle qui tient lieu de socle aux tours de bureaux de la Défense, la photographe Margaret Dearing révèle l’impensé d’un urbanisme fondé sur les apparences. Conçue comme le paradis des affaires, la Défense est aussi un enfer : en haut, le spectaculaire et la démesure ; en bas, l’invisible et la mesquinerie. Dans cette suite photographique immersive et intense, Margaret Dearing révèle avec pertinence la dichotomie entre un urbanisme qui s’exhibe et ce qu’il cache.

  • Matière et paradoxe : le bio/géosourcé peut-il s’industrialiser ?

    Comment parvenir à banaliser la prescription des matériaux bio- et géosourcés sans les réserver à des projets emblématiques ? Massification doit-elle rimer avec concessions ? Le développement des filières industrielles et l’architecture postcarbone sont intrinsèquement liés. L’optimisation des capacités de production et la recherche de valorisation des ressources locales sont au cœur des enjeux de recherche et développement. De nombreux industriels français maillent désormais le territoire pour produire localement et limiter les émissions liées au transport. Si la demande pour ces matériaux ne cesse d’augmenter, les fabricants n’en restent pas moins confrontés à des enjeux de pérennité, comme en témoignent les fermetures récentes de Cycle Terre et de Bati Sens en Île-de-France. En parallèle à ces questions, l’accompagnement des équipes de maîtrise d’œuvre et d’ouvrage s’avère primordial pour simplifier l’intégration des matériaux bio et géosourcés dans les projets.

  • Moins de performance et plus de robustesse pour le logement social

    Ardente avocate de l’habitat et du logement pour tous, l’architecte Pascale Joffroy recommande de suivre Olivier Hamant quand il critique la performance qui « aime la précision, le contrôle, la vitesse d’exécution, la standardisation, la planification ». C’est dans ces valeurs qui réduisent nos options alors que la robustesse les multiplie, qu’elle reconnaît les impasses dans lesquelles s’enlise la production actuelle de logements. Convaincue de la fertilité de l’idée de robustesse pour mieux nous loger, elle s’attache à traduire cet antidote en stratégies pour concevoir et produire autrement du logement.

  • n°323 - Ringardiser la performance : construire la robustesse

    Parmi la collection des Tracts Gallimard, l’essai du biologiste Olivier HamantAntidote au culte de la performance. La robustesse du vivant a connu un vif succès éditorial depuis sa parution en 2023, car il bouscule nos idées reçues quant aux voies à suivre pour surmonter la crise socio-écologique.Sa proposition, étayée par ses observations scientifiques du vivant, est un renversement total qui détrône notre quête systématique de performance au profit d’une recherche de robustesse bien plus apte à nous faire traverser les fluctuations du monde.

  • Oasis - Pôle de la petite enfance Paris Périchaux, Paris 15e par Guillaume Ramilien

    Au pied d’un ensemble résidentiel sans âme des années 1960 comprenant une barre écrasante, l’architecture ciselée de Guillaume Ramillien compose un écrin délicat à une crèche de 99 berceaux et un centre de protection maternelle infantile (PMI). Par sa présence, par les aménités urbaines dont il s’entoure, et l’emploi du bois, le nouvel équipement public concourt aussi à apaiser cet îlot parisien bétonné et à le reconnecter à la ville.

  • Perspectivistes, rêveurs concrets

    Dans le sillage des grands projets culturels de l’ère Mitterrand, les concours publics ont été accompagnés d’un foisonnement d’images audacieuses et virtuoses. Un verbe graphique qui s’est tu avec l’avènement du numérique. Retour sur un âge d’or de l’architecture française en compagnie de ses protagonistes.