Comme leurs collègues
d'Office KGVS, lauréats du Lion d'argent à la dernière Biennale de Venise, ou
le paysagiste Bas Smets, l'agence 51N4E fait partie de cette génération belge
qui fait de plus en plus parler d'elle. Dominique Boudet, figure de la presse
et de la critique architecturale française – leur conseiller aussi –, ne s'y
est pas trompé. L'exposition dont il est le commissaire au Bozar de Bruxelles
met à l'honneur trois projets d'échelles très différentes : la transformation
d'une petite ferme en maison ceinte par un enclos en acier d'une étonnante
finesse (12 mm d'épaisseur pour 3 m de haut) ; la métamorphose d'une
ancienne usine en centre culturel à Gent ; le plan directeur pour la place
centrale de Tirana en Albanie et une tour qui la toise.
51N4E se distingue
paradoxalement par son absence de surenchère formelle, servie par une grande
maîtrise de la matérialité de ses espaces. Un rationalisme qui flirte avec
l'irrationnel : perceptions trompeuses, perspectives accentuées et
surfaces incertaines produisent des effets de distanciation censés questionner
notre regard sur le réel et son apparente stabilité.
« Double or nothing »,
palais des Beaux-Arts, Bruxelles. Jusqu'au 4 septembre 2011.