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  • "Notre rôle n'est pas simple à comprendre, c'est un travail de sous-marin", entretien avec Christophe Gauffeny, directeur du CAUE 22

    Il n’est pas toujours aisé de saisir la mission, pourtant essentielle, des CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement). Ils sont 92 en France à mailler le territoire pour conseiller, former et informer/sensibiliser. Connu pour être particulièrement actif sur son territoire, le CAUE 22 (Côtes-d’Armor) est engagé de longue date sur la question de la ruralité. Nous nous sommes entretenus avec son directeur, Christophe Gauffeny, qui partage ici la réalité de son quotidien mais aussi ses inquiétudes.

  • "Tant que le zéro artificialisation nette ne sera pas une mesure coercitive, l’étalement urbain en milieu rural sera toujours actif"

    Entretien avec Christophe Ouhayoun, architecte fondateur de KOZ architectes avec Nicolas Ziesel et architecte-conseil de l’État ACE en Aubrac

    Intervenant auprès des DDT, des DRAC et des DREAL et amenés à se déplacer au sein de leur département ou région dans le cadre de leurs missions, les architectes-conseils de l’État occupent depuis plusieurs décennies des postes d’observateur privilégié sur tous les territoires sans exception et ont assisté à la déprise des communes rurales. Ils posent un diagnostic inquiétant sur l’évolution des paysages dans ces territoires toujours prêts à accueillir lotissements pavillonnaires et zones commerciales en faisant fi de l’étalement urbain et de la consommation des terres. En juin 2019, le corps des ACE publiait, sous la direction de la DGALN1, l’étude « Du centre-bourg à la ville, Réinvestir les territoires », qui éclaire sur les facteurs ayant contribué à la dévitalisation des centres-bourgs. Elle se complète d’un ensemble de propositions et d’opérations exemplaires qui pourraient ouvrir la voie vers des aménagements plus vertueux. Ce sujet complexe des territoires ruraux fera également l’objet du prochain séminaire des ACE, organisé par Hervé Dubois et Christophe Ouhayoun, qui assureront la présidence du Corps en avril prochain.

  • Agence GRAAM : Bois Vivant

    Rue marceau à Montreuil, au cœur d’une cour plantée se tapit l’agence GRAAM où collaborent une vingtaine de personnes. Au rez-de-chaussée, de grandes maquettes mettent en évidence la production de cette entreprise singulière. Comme autant d’écorchés, elles laissent apparaître leurs étonnantes structures en bois qui s’effaceront sous différents types de bardages, une fois les bâtiments réalisés. Des squelettes qui racontent la savante réappropriation des colombages médiévaux, remis au service d’un habitat populaire et faubourien...
  • Architecture commune : Centre Jean-Labellie, espace culturel et de loisirs, Le Rouget, Cantal

    Maîtres d'ouvrages : Communauté de communes de la Châtaigneraie cantalienne et Commune du Rouget-Pers 

    Maîtres d'oeuvres : Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés

    Entreprises : Claude Meallet (terrassement, VRD) ; Costa Ferreira (gros œuvre) ; Bouysse Menuiserie (charpente, menuiseries extérieures) ; Djilali (couverture et bardage zinc) ; Auritoit (étanchéité) ; C2M (serrurerie) ; Créa Bois (menuiseries intérieures, mobilier) ; Cambon (cloisons, plafonds, peinture) ; Brunhes Jammes (carrelages) ; Sol 15000 (sols souples) ; Lavergne (chauffage, plomberie, sanitaires, ventilation) ; Longuecamp (électricité)

    Programme :Médiathèque, centre culturel et de loisirs

    Surfaces : 673 m2

    Cout : 1,45 million d’euros HT

    Date de livraison : printemps 2022

  • Distinguer la valeur économique de l’architecture La chose, la pratique et le mot

    C’est un lieu commun facile : l’architecture ne ferait pas bon ménage avec l’économie. Nos partenaires, qu’ils soient maîtres d’ouvrage, bureaux d’études divers, constructeurs et artisans voire même aficionados, en usent et en abusent. D’où qu’ils viennent, les discours à l’adresse des architectes disent toujours à un moment : « Nous ne voulons pas brider votre créativité, cependant il y a une réalité économique. » Cette phrase parle implicitement d’une perception encore tenace de l’architecte comme seul artiste dans l’écosystème de l’édification. La conséquence en serait-elle donc que l’architecte devrait être épaulé ? Pour faire atterrir ses idées dans le réel ? Ou encore pour garder ou reprendre pied dans la réalité de l’économie ? Un sujet qui occupe parfois nos discussions sans pour autant les envahir. Conscients de ces relations complexes voire ambiguës, nous étions plusieurs architectes à œuvrer afin que la Stratégie nationale pour l’architecture de 2015 propose, dans l’un de ses axes, de distinguer la valeur économique de l’architecture. Depuis, l’idée fait son chemin. D’autres groupes de réflexion et rapports sont venus développer cette intention. C’est l’occasion de revenir sur ce sujet, de deviser comme l’aurait fait un César Daly dans sa Revue générale, d’interroger le sens des mots et des habitudes. C’est « requestionner le programme », comme disent certains, à commencer par l’économie et l’interêt public.

  • Éclairage extérieur : Sobriété énergétique et connectivité

    La lumière a longtemps fait rêver : dans les rues, sur les places, le long de promenades bucoliques, sur les façades de bâtiments (parfois de châteaux d’eau ou de ruines…), lors d’événements culturels, à Noël… Elle était partout, synonyme de réjouissance et d’embellissement. Au fil des années, elle est devenue énergivore, éblouissante, polluante… bref, gênante, indésirable au point de mobiliser des organismes pour lutter contre les allumages intempestifs. S’en est suivie une période au cours de laquelle il n’était plus de bon ton d’éclairer les rues et on a vu s’éteindre des villages ou des quartiers entiers de villes moyennes au nom de la réduction des nuisances lumineuses et surtout des consommations, efficace pour alléger la facture d’électricité, peu confortable pour les usagers. Pendant ce temps-là, fabricants, concepteurs lumière et paysagistes urbanistes réfléchissaient déjà à l’éclairage « propre », les uns en améliorant la qualité des luminaires led et en y associant des systèmes de gestion faisant office de thermostats lumineux, les autres en travaillant sur l’équilibre, pour ne pas dire le dosage de la lumière et de l’obscurité, en faisant appel à ces nouvelles technologies mais aussi en travaillant sur le concept des trames noires et la protection de la biodiversité.

  • Faire d’un lieu de transit un lieu de destination

    Concours pour la transformation d’un ancien terminal pour ferries en centre d’art, Le Havre

    Sur le Grand Quai du port du Havre, vidé par Michel Desvigne de la plupart de ses constructions, un terminal abandonné dresse toujours au bord de l’eau sa silhouette en déséquilibre. Comment faire de cet ancien lieu de transit un lieu de destination ? Telle est la question posée à trois équipes d’architectes qui devaient y aménager un centre d’art et qui ont développé trois réponses très différentes.

  • Faire langue commune : école élémentaire à Azé, Saône-et-Loire

    Maîtres d'ouvrages : Commune de Azé

    Maîtres d'oeuvres : Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés (mandataire), Atelier de Montrottier Loïc Parmentier & associés, EUCLID (BET tous corps d’état)

    Surfaces : 634 m2 construction école, 211 m2 restructuration demi-pension, 1 080 m2 espaces extérieurs ou couverts

    Cout : 1,48 million d’euros HT

    Date de livraison : livraison, 2020

  • Habiter la topographie : 23 logements et un commerce, Bouguenais, Loire-Atlantique

    Maîtres d'ouvrages : Atlantique Habitations

    Maîtres d'oeuvres : Tact (architectes), Naonec (économie), SoLab (fluides), IBA (structure), ABEIL (VRD)

    Entreprises : SDIGC (démolition-déconstruction), Ploquin (gros œuvre), Leduc Structure Bois (charpente bois), Loire Atlantique Toitures (couverture), Dra Atlantique (ravalement et parement briquettes), Alain Guilbeau (menuiseries extérieures aluminium), Concept Métallerie (métallerie et serrurerie), Coignard Atlantique (cloisons sèches, doublages et plafonds), Atelier Clovis (menuiseries intérieures bois), Escao (escaliers intérieurs), LC Fluide (chapes), L’atelier du sol Jad’o / Sapro (revêtements de sols souples et faïence), ECTP (terrassement, VRD), Verdé Terra (espaces verts)

    Surfaces : 1 669 m2 SDP (905 m2 créés et 763 m2 réhabilités)

    Cout : 3 567 700 euros HT

    Date de livraison : juillet 2022

  • Hangar Y, Meudon, Hauts-de-Seine : Troisième vie

    Maîtres d'ouvrages : HY Immobilier (ArtNova + Culture & Patrimoine)

    Maîtres d'oeuvres : DATA (architectes) ; Daniel Lefèvre/Atelier Lympia (ACMH)

    BET : VP & Green (structure et façade), INEX (fluides), Mazet & Associés (économie), Jean-Paul Lamoureux (acoustique), CSD & Associés (sécurité incendie), Builders & Partners (OPC)

    Entreprises : Vinci Immobilier (promoteur)

    Surface : 3 560 m2 SDP

    Cout : 8,09 millions d’euros HT

    Date de livraison : 2022

  • L'architecture se réinvente en dehors des grandes métropoles

    À quand la revanche des territoires ? Nous n’en sommes pas encore là même si partout émergent des initiatives et des expériences qui prouvent que, loin des métropoles, s’inventent des manières de revitaliser des lieux par des pratiques innovantes de l’architecture. Caricaturés comme des espaces désertifiés par l’exode rural, ces territoires sont contrairement aux idées reçues d’une grande diversité, une réalité indispensable à qui veut comprendre ce qu’il s’y joue, écrit Jean-Baptiste Marie. Certains sont effectivement en déclin, mais d’autres se métamorphosent et deviennent des atouts pour le développement des métropoles. Déplorant la déterritorialisation de nos sociétés qu’a engendrée la dématérialisation de l’industrie et de la finance, le philosophe Pierre Caye appelle à une reterritorialisation et voit dans la nature même de l’architecture un modèle qui pourrait inspirer ceux qui s’attèlent à la transformation du système productif en vue de la durabilité de la production et de l’habitabilité du monde. Sur le terrain, nous avons interrogé les architectes-conseils et les CAUE qui, entre désolation et espoir de renaissance, sont aux premières loges de ces bouleversements.

  • L'architecture se réinvente en dehors des grandes métropoles - Portraits de petites villes

    Arnaud Bouissou, Marcella Barbieri, Manuel Bouquet, Damien Carles et Emmanuel du Bourg ont répondu présents pour une mission documentaire nationale dédiée aux ruralités, lancée à l’initiative de la ministre déléguée chargée des Collectivités et de la Ruralité, Dominique Faure. Tous sont partis à la découverte de territoires méconnus, appareil à la main. 

  • L'Atelier du Rouget en résidence à Callac

    Le travail d’urbaniste de Simon Teyssou est finalement assez peu connu. Il voit dans la collaboration avec de petites communes l’opportunité de repenser le métier d’architecte. Or, depuis quinze ans, l’Atelier du Rouget opère en résidence dans divers villages, à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de l’agence. Ce mode opératoire très direct permet d’être au plus près des territoires, de ses acteurs comme de ses habitants et, comme il le dit, d’incarner le projet.

  • Le temps long de l’architecture : Reconquête des ruines du fort villageois de Plauzat, Puy-de-Dôme

    Maître d'œuvre : Boris Bouchet architectes + Récita architecture (maîtrise d’œuvre urbaine, architecturale et espaces publics) ; chef de projet : Pierre-Antoine Pernot ; Géoval, BET VRD ; CS2N, économiste de la construction ; Idéum Partners, structure

    Phase 1 :sauvegarde de la ruine de la cave Marc, réhabilitation en salle des fêtes d’été

    Coût : 130 000 euros HT

    Surface : 420 m2

    Phase 2 :aménagement de la place de la Cave, sauvegarde de 2 maisons villageoises et réhabilitation d’une 3e en gîte

    Coût de la place : 60 000 euros HT

    Coût des 2 toitures : 15 000 euros HT

    Coût du gîte : 113 000 euros HT (surface : 55 m2)

    Phase 3 : aménagement de la place de l’église et suivi des aménagements de la traverse pour le conseil départemental

    Coût : 425 000 euros HT

    Phase 4 :installation d’une brasserie artisanale dans la cave Marc

    Coût travaux hors équipement : 45 000 euros HT

    Phase 5 :aménagements de la cour arrière du château (étude en cours)

    Phase 6 :poursuite de la rénovation du fort villageois (à venir)

    Principales entreprises bâtiments :Maçonnerie GIBSON, EGC Auvergne maçonnerie, Menuiseries LJ, Arthur Michon Charpentier, Taillandier-Rouvet serrurerie, Coutarel plomberie, Gilles Clautrier

    Principales entreprises espaces publics :Sanchez VRD, CCTP Colas, Durand pavage, SMI serrurerie

    Calendrier :2015-2023 

  • Les territoires ruraux à l’avant-garde des transitions

    Que peut-on apprendre de Xertigny, de Marseillan, de Vire, du Porge, de Roscoff ou encore d’Ambert ? Sans aucun doute ressort la nécessité pour les acteurs de construire un récit collectif sur leur territoire. Jean-Marc Offner, urbaniste, a appelé de ses vœux ce « changement de lunettes » dans son ouvrage Anachronismes urbains1 : à la fois réenchantement de territoires parfois déconsidérés et renouvellement de la pensée territoriale, le projet postule, entre autres, que loin des grandes métropoles, souvent perçues comme les territoires de l’innovation par excellence, dans les territoires ruraux et les petites villes se trouvent aussi les solutions aux apories de l’aménagement contemporain. Mieux, certains territoires ruraux joueraient un rôle important dans les équilibres nationaux. De plus, les récentes crises sanitaire, énergétique et d’approvisionnement des matériaux mettent en évidence que les ruralités ont inventé des modèles de sobriété, notamment en termes de ressources. En substance, les ruralités sont porteuses d’inventivité, d’une capacité d’innovation et à bien des égards doivent faire l’objet d’une inversion des regards car elles sont à l’avant-garde des transitions.

     
    1 Voir « Roscoff, petite ville à la pointe de la science », série documentaire POPSU Territoires, réalisée en collaboration avec l’Agence CAPA, disponible sur YouTube.
  • Par-delà le boulevard périphérique : Un prototype de serre urbaine de Lacaton & Vassal et Gaëtan Redelsperger

    Aux confins de la ligne 13 du métro parisien, la première couronne compte l’une des dernières fermes maraîchères de la région. On y voit paître des brebis dans leurs enclos, tandis que des associations locales y cultivent leur potager en pleine terre. Depuis juillet dernier, la Ferme Ouverte de Saint-Denis est devenue un terrain d’expérimentations. Xavier Laureau, gérant de l’entreprise Les Jardins de Gally, a répondu à un programme de recherches européen pour que le maraîchage en ville – et notamment la culture horticole sur les toits – deviennent, coûte que coûte, une opération rentable. Invités à formaliser ce projet pilote, les architectes de l’agence Lacaton & Vassal et Gaëtan Redelsperger testent la construction d’une serre standard en toiture – mais cette fois-ci pour de la culture hydroponique. Conçue à la fois comme une expérience architecturale, technique, économique et sociale, elle fera l’objet d’analyses et de relevés jusqu’au printemps prochain.

  • Reterritorialisation

    Les promesses de la dématérialisation qu’entraînent les nouvelles technologies ont été un leurre et ont surtout profité aux grandes métropoles. Si la dématérialisation industrielle et financière que favorise la virtualisation de l’économie a accéléré la déterritorialisation, la reterritorialisation passe paradoxalement par une autre dématérialisation, celle que représente la dimension intellectuelle, symbolique et culturelle de nos pratiques productives. Mais comment et sous quelle forme ? Et quel rôle l’architecture est-elle appelée à jouer dans cette nouvelle dimension de la dématérialisation ? Dans cet essai qui analyse les ressorts de la nouvelle économie globalisée et de sa gouvernance en relation avec le territoire, le philosophe Pierre Caye voit dans l’architecture, parce qu’elle possède ce privilège d’opérer la médiation entre l’espace et le temps, un modèle qui pourrait bien inspirer ceux qui s’attèlent à la transformation du système productif en vue de la durabilité de la production et de l’habitabilité du monde, et qui à cette fin en appellent à une nouvelle façon de concevoir la planification.

  • Simon Teyssou : Architecte en campagne

    Simon Teyssou, Grand Prix d’a 2020 pour la station de pleine nature de Mandailles-Saint-Julien, m’attend à la sortie de la gare de Brive-la-Gaillarde pour m’emmener, à plus d’une heure de route, dans son agence au Rouget : une petite commune sans qualité particulière plongée au cœur du Massif central et où il vient notamment de livrer un centre culturel et sportif municipal (voir la réalisation p.90). En chemin, il m’explique la modification du paysage que nous traversons, par le changement de la nature du sol – calcaire puis granitique – qui implique un relief, une végétation, des animaux domestiques ou sauvages et une architecture spécifiques…

  • Stériles de carrières

    Matériau ancré dans le passé, la pierre se ré-imagine pour le futur grâce à ses qualités durables. Le projet « Bourse Matière(s) », initié par le Fonds de dotation Verrecchia depuis 2020, vise à décloisonner les pratiques de ce matériau pour une intelligence collective, afin d’accompagner l’avenir et la transition écologique au travers de savoir-faire hérités. Une dizaine d’artistes, d’architectes et de designers ont été accueillis durant plusieurs mois en résidence au château de La Maye, près de Versailles. Avec l’aide des compagnons du devoir et un approvisionnement en stériles de pierres calcaires de la carrière de Nogent-sur-Oise, située à une cinquante de kilomètres au nord de Paris, les résidents ont imaginé de nouveaux usages, exploré et expérimenté de nouvelles formes et supports. La résidence s’est terminée par une exposition intitulée « État(s) de Matière », présentée aux Journées du patrimoine.


    www.fondsdedotationverrecchia.org