Que peut-on apprendre de Xertigny, de Marseillan, de Vire, du Porge, de Roscoff ou encore d’Ambert ? Sans aucun doute ressort la nécessité pour les acteurs de construire un récit collectif sur leur territoire. Jean-Marc Offner, urbaniste, a appelé de ses vœux ce « changement de lunettes » dans son ouvrage Anachronismes urbains1 : à la fois réenchantement de territoires parfois déconsidérés et renouvellement de la pensée territoriale, le projet postule, entre autres, que loin des grandes métropoles, souvent perçues comme les territoires de l’innovation par excellence, dans les territoires ruraux et les petites villes se trouvent aussi les solutions aux apories de l’aménagement contemporain. Mieux, certains territoires ruraux joueraient un rôle important dans les équilibres nationaux. De plus, les récentes crises sanitaire, énergétique et d’approvisionnement des matériaux mettent en évidence que les ruralités ont inventé des modèles de sobriété, notamment en termes de ressources. En substance, les ruralités sont porteuses d’inventivité, d’une capacité d’innovation et à bien des égards doivent faire l’objet d’une inversion des regards car elles sont à l’avant-garde des transitions.
1 Voir « Roscoff, petite ville à la pointe de la science », série documentaire POPSU Territoires, réalisée en collaboration avec l’Agence CAPA, disponible sur YouTube.Pour un nouveau récit territorial
Olivier Bouba-Olga, dans Pour un nouveau récit territorial 2, rappelle que le « récit métropolitain », dominant depuis plus d’une décennie, s’est construit sur quatre piliers – « Compétitivité, Attractivité, Métropolisation, Excellence » (la « CAME ») – qui construisent, ensemble, une « mythologie » : celles des métropoles, cœur de l’innovation française, figures de proue du développement territorial national et redistributrices de richesses – par ruissellement. De fait, ces quatre grands objectifs ont accompagné la pensée et la mise en œuvre des politiques publiques depuis le début des années 2000, pour les espaces métropolitains, certes, mais aussi pour les territoires ruraux, avec pour conséquence la plus directe, la plus visible et, peut-être, la plus emblématique, celle qui a conduit à la rétractation des services publics dans les territoires 3 et qui favorise la vacance des logements. (...)$##$ La mythologie a (...)Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne