n°319 - septembre 2024

  • 8 réalisations pour réévaluer et rénover le patrimoine ordinaire

    Assurer la performance, exploiter l’existant, comprendre le premier tracé, saisir les opportunités, corriger au mieux, restituer un dessin : les huit opérations exemplaires de rénovation réalisées par les agences Equateur et de Jean Marin et associé.e.s que nous vous présentons montrent comment le traitement de la façade peut offrir l’opportunité de révéler le patrimoine d’édifices d’ordinaire négligés. Elles concernent essentiellement de grands ensembles de logements, pour la plupart non classés aux monuments historiques et souvent associés à cette France moche tant décriée pour la grisaille de ses façades. Les rénovations thermiques imposées par le changement climatique ne seraient-elles pas l’occasion réévaluer ces architectures et de recomposer le paysage urbain ?
  • Architecturer l’infrastructure. Suizspacio, Santiago, Chili

    Maîtrise d’ouvrage : ambassade suisse au Chili et Métro de Santiago

    Maîtrise d’œuvre : UMWELT, Ignacio García Partarrieu et Arturo Scheidegger

    Calendrier : 2019-2021

  • Barto + Barto in situ

    La Maison de l’architecture des Pays de la Loire présente une exposition consacrée à Barto+Barto, figures de la scène architecturale nantaise. À la faveur d’un riche fonds d’archives, « Trait pour trait » relate le processus créatif du couple, forgé autour de deux approches aussi dissemblables que complémentaires.
  • Boris Bouchet : matières premières

    Boris Bouchet, un praticien attaché à une certaine manière de concevoir l’architecture : non comme un jeu de formes pures mais comme une mise en relation de matériaux singuliers – lisses ou rugueux, solides ou fragiles, qui tous possèdent leur propre histoire, leur propre généalogie… Un enseignant aussi très lié à l’école d’architecture de Clermont-Ferrand, où il enseigne aujourd’hui après y avoir étudié.
  • Éric Tabuchi : la mémoire des formes

    Alors même que l’intelligence artificielle inquiète le monde de l’image en fragilisant la notion d’auteur, l’artiste et photographe Éric Tabuchi a choisi de s’en emparer franchement. Avec la publication de The Third Atlas, il fait la démonstration que l’IA n’est jamais qu’un outil parmi d’autres si on l’utilise avec poésie, malice et dextérité. En soumettant au logiciel Midjourney des images orphelines collectées sur internet et publiées en 2017 sous le titre d’Atlas of Forms, il crée une fiction architecturale inattendue, une œuvre à part entière bien au-delà du simple recyclage.
  • Façades : un patrimoine vivant menacé

    La façade, élément essentiel de la régulation thermique d’un bâtiment et l’un des plus gros postes de dépense d’un projet. Ses performances sont au cœur des questions de conception. Mais que faire des façades dont nous héritons et qui représentent l’immense chantier de la rénovation énergétique ? À l’heure du dérèglement climatique, les solutions pour améliorer la capacité d’un bâtiment à garantir le confort en toutes saisons passent aujourd’hui presque toujours par une altération des façades des bâtiments dits « anciens », alors que d’autres solutions, souvent moins onéreuses, existent. L’encapsulement sous polystyrène qui nous est imposé aujourd’hui est-il vraiment la solution la plus économique et la plus performante ? Peut-on pour autant s’affranchir des objectifs énergétiques au motif de la conservation patrimoniale ? Ce dossier explore différentes approches de la rénovation thermique des façades, montrant que chaque cas est particulier et que l’application des normes sans analyse architecturale, comme l’application sans discernement du diagnostic de performance énergétique (DPE) peuvent bien souvent se révéler délétères.
  • Insérer une enclave sécurisée dans une ville en devenir. Concours pour la construction d’un pôle de conservation pour la Bibliothèque nationale de France à Amiens

    Comment inscrire une partie de la collection de la Bibliothèque nationale, un espace sécurisé en partie robotisé, entre trois sites en devenir : une friche hospitalière en attente de sa reconversion, une université destinée à se développer et des grands ensembles en crise ? Telle est la question posée par l’OPPIC à quatre équipes internationales d’architectes.
  • La géographie de la couleur de Lucie Ponard

    La designer et chercheuse Lucie Ponard explore les paysages qui l’entourent et métamorphose les terres excavées des chantiers en pâte céramique et en émaux.
  • La plus-value urbaine. L’ensemble Magnolio, Montevideo, Uruguay

    Maîtrise d’ouvrage : Magnolia Media Group

    Maîtrise d’œuvre : phase 1, Pedro Livni architecte ; phase 2, Pedro Livni + Rafael Solano architectes

    Surfaces : transformation, 295 m2 ; construction neuve, 875 m2

    Calendrier : phase 1, 2018-2019 ; phase 2, 2020-2022

  • Les façades légères : entre conservation, adaptation et réhabilitation

    Avec la reconstruction de l’après-guerre et l’édification de masse, le XXe siècle a mis en œuvre de nouvelles techniques de rationalisation de la construction dans un objectif productiviste. La structure, l’enveloppe et les cloisonnements se détachent alors les uns des autres. Les façades, dégagées des contraintes structurelles, assurent l’interface avec l’extérieur, s’ouvrent davantage et réduisent leur poids pour limiter les efforts. C’est la création de la façade légère, sous forme de murs-rideaux ou de murs-panneaux.

    par Mathilde Padilla, architecte DE au sein de l’agence ARCHIPAT1.
  • Neuf et rénovation : parements et enjeux énergétiques de la façade

    Pour cette rentrée postolympique, notre dossier technique se place sous le signe du renouveau et du sport. De plus en plus présents sous les parements de la rénovation thermique, les isolants biosourcés s’imposent comme le moyen le plus respectueux pour la planète de réduire ses factures d’énergie. Les parements en terre cuite se déploient dans toute leur variété de couleurs et de formes. Le métal en façade reste également une valeur sûre, principalement par la précision du rendu final en bardage comme en mur-rideau.
  • New Deal. Entretien avec Frédéric Bonnet (Obras Architectes)

    Après avoir composé le code de la porte, je quitte la bruyante et cosmopolite rue d’Avron pour basculer dans un autre monde, proche de la peinture du réalisme métaphysique des années 1930… Une cour étroite et allongée mène vers une imposante construction en fonte et en verre, une ancienne fabrique de sacs à main qui abrite aujourd’hui une école d’escalade. À gauche, un petit jardin luxuriant sert d’écrin à un élégant pavillon. C’est au premier étage du bâtiment qui le jouxte que je trouve le bureau de Frédéric Bonnet, séparé par l’escalier de la grande pièce où s’affairent ses collaborateurs et des associés. Sa fenêtre cadre un improbable collage de descentes d’eau et de toitures parisiennes en zinc sur un fond de murs en briques : une vue rêvée pour prendre du recul et méditer sur les nouvelles manières d’aborder le métier d’architecte…
  • Patrimoine ordinaire : concilier performance et conservation

    Tout le monde semble d’accord pour dire que la rénovation thermique des bâtiments est un enjeu majeur pour répondre aux défis environnementaux et économiques actuels. Mais lorsqu’il s’agit de bâtiments d’intérêt patrimonial, même les plus modestes, cette tâche devient encore plus complexe et se heurte à un mur d’ignorance qui fait d’irrémédiables dégâts partout en France. La façade, interface entre l’intime et le public, est un élément essentiel de l’identité architecturale et historique d’un bâtiment. Comment la préserver tout en améliorant son efficacité énergétique ?
  • Rénover sans dénaturer : les ABF en première ligne

    Entretiens croisés avec quatre ABF : Fabien Sénéchal, président de l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF) ; Mahmoud Ismail, chef de l’UDAP de l’Essonne (91) ; Benoît Léothaud, chef de l’UDAP des Hauts-de-Seine (92) ; Ana-Cristina Nitescu, adjointe au chef de l’UDAP des Hauts-de-Seine (92) ; Marc Louail, chef de l’UDAP de la Nièvre (58) et ancien chef de l’UDAP de Seine-Saint-Denis (93)
     Propos recueillis par Tarik Abd El Gaber
     
    Lors des auditions réalisées pour le rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur l’efficacité des politiques publiques en matière de rénovation énergétique du 29 juin 2023, une petite musique semblait résonner parmi les personnes interrogées. Anciens élus et experts accusaient, parfois très directement, les architectes des bâtiments de France (ABF) d’être trop restrictifs sur la question de la rénovation du bâti ancien. D’autres témoignages, notamment de membres du CNOA, considèrent les ABF comme des « gardiens du temple, de notre patrimoine, de sa beauté1 ». Nous avons interrogé plusieurs ABF et le président de l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF) pour comprendre en quoi consistent réellement la mission des ABF et leur rôle clé dans la conservation/mutation des enveloppes du bâti ancien.
  • Sam Ringer, la ligne de l’exil

    Catherine Ringer, moitié des Rita Mitsouko, a exposé en juin dernier à l’ENSA de la Villette des croquis de son père Sam, peintre, graveur et caricaturiste. Son travail, réalisé sur quatre décennies, révèle des affinités émotionnelles et culturelles avec deux contemporains, architectes exilés : Saul Steinberg et Lina Bo Bardi.
  • Solano Benítez : soigner la différence

    Nous avons rencontré Solano Benítez chez lui à Asunción. Lors d’une conversation qui s’est étalée sur plusieurs jours, nous avons essayé de dégager les principes sous-jacents qui fondent le travail de cet architecte paraguayen dont l’œuvre construite – prolifique, cohérente et reconnue internationalement1 – reste encore trop peu connue en Europe.