Ne juge-t-on pas trop vite les hôpitaux anciens ? Beaucoup d’hôpitaux français sont vieux de plusieurs siècles. Ils deviennent vétustes et peinent à être adaptés à la médecine moderne. Mais ces vieux bâtiments sont aussi les témoins d’une histoire de villes et du soin qui gagne à être valorisée.
Les hôpitaux comptent souvent parmi les édifices les plus anciens des villes. Certains d’entre eux, comme l’hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse, construit au XVIe siècle, n’ont jamais cessé d’accueillir des malades. Ces bâtiments vivent avec leur temps. Pour accompagner les changements médicaux et sociaux, ils se transforment par ajout de nouveaux pavillons, par reconversion et réaffectation. Les constructions les plus récentes doivent s’insérer dans ce tissu hospitalier parfois dense sans effacer leur spécificité.
C’est le cas du nouvel hôpital de Reims, livré en 2024 par l’agence Groupe-6. Au sein du vaste site du CHU de Reims, il trouve sa place entre l’American Memorial Hospital – hôpital pour enfants (de style art déco et daté de 1925, conçu par les architectes Charles Buttler et Auguste-Raoul Pellechet) et l’hôpital Maison-Blanche (en forme de peigne et fait de briques rouges, livré en 1933 par l’architecte Hippolyte Poitevin).
Une puissance inattendue
Ces hôpitaux, qui deviennent progressivement des quartiers bigarrés, offrent une puissance inattendue de soin. En effet, l’annonce d’une maladie ou la longueur d’une hospitalisation donnent à certains patients l’impression que leur vie est suspendue, ou même interrompue. Le soin doit alors les aider à intégrer ce moment dans leur vie. Dans ces situations, les marques du passage du temps jouent un rôle de soutien. Au cours de leur soin, les malades se rappellent à travers elles des services parcourus et des moments vécus, comme la promesse d’une guérison, un mieux-être, un proche aidant avec qui on a passé un bon moment, un café dans une chambre avec un autre patient. En remarquant les nouvelles empreintes laissées par le temps, ils se souviennent que la vie continue à l’intérieur de l’hôpital aussi. (...)