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[ Maître d’ouvrage : Domofrance – Maître d’œuvre : Patrick Hernandez – BET : Math Ingénierie – Économiste : Germinal Borras – Coût : 3,13 millions d’euros HT ]

À Pessac, un quartier pavillonnaire au tissu resserré borde le vignoble du domaine Haut-Brion. À l’angle de deux rues, une parcelle triangulaire dominant la zone universitaire accueille aujourd’hui trente-quatre logements (du T2 au T4) financés par un bailleur social. Pour Patrick Hernandez, ce programme de logements individuels groupés est prétexte à un travail sur l’intimité, l’intériorité.


Avec une trame urbaine et une typologie d’habitat rappelant l’organisation des cités turques de la Route de la soie et les qualités de domesticité propres à ces villes de refuge et d’échanges, Patrick Hernandez établit une juste hiérarchie des espaces : la rue, puis la venelle, la cour-jardin ensuite, agrandie par une pièce extérieure simplement couverte, protégée du soleil estival ; et, enfin, le logement qui s’enroule sur deux niveaux autour de cet enclos protégé. L’espace est minimal mais trouve sa richesse dans la multiplicité des parcours et des usages domestiques. Ainsi, la cour-jardin, distributive, est un lieu de vie sur lequel ouvrent les chambres. Le séjour, pièce de rassemblement, au centre de l’appartement, fonctionne comme une circulation centrale. La pièce couverte est, selon les saisons, à l’extérieur ou à l’intérieur, dehors ou dedans.

Il s’agit également d’un travail sur la limite : limite de l’îlot, fermé au nord par la courbe sinueuse et protectrice des logements, abrité au sud par le surplomb des jardins sur la voie publique. Limite de chacune des cellules d’habitat avec la clôture en bois brut à claire-voie qui referme la cour et la protège des regards, sans pour autant l’enfermer. Limite de la sphère privative avec, sur cette parcelle très densifiée, le cadrage des vues et la position des ouvertures, étudiés pour prodiguer un maximum de lumière du jour et offrir des vues perspectives tout en évitant au regard de se porter sur le voisinage. La forte déclivité du terrain est ici habilement utilisée et permet d’étager les maisons suivant différents niveaux afin de libérer les ouvertures vers le sud. Le débord des toitures protège des trop fortes chaleurs de midi.

Et derrière ces murs d’enduit blanc vit une petite communauté qui sait se retrouver au sein de trois placettes centrales : elles apportent à l’îlot une respiration au sortir de l’étroitesse des venelles. Les bruits de la ville sont atténués, l’espace est en creux, simplement défini par la lumière. 

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