[ Maître d’ouvrage : ministère de la Justice/AMOTMJ – Maîtres d’œuvre : Thibaud Babled, Armand Nouvet et Marc Reynaud – Paysagiste : Complémenterre – BET : structure, ADC ; fluides, INGESP’I ; VRD/paysage, ATPI ; économiste, MDETC – Surfaces : 1 190 m2 Shon + 4 500 m2 aménagement – Coût : 1,91 million d’euros HT (Bâtiments + Paysage) – Calendrier : concours, avril 2002 ; études, 2002-2003 ; chantier, mars 2005-juillet 2006 ]
C’est le long des séquences d’accès aux trois maisons d’arrêt de Fleury-Mérogis que l’atelier BNR a conçu trois petits édifices destinés à l’accueil des familles de détenus. Leur vocation est de fonctionner comme des lieux de transition entre l’univers contraint de la prison et celui, libre, du monde extérieur.
Le Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis est situé au cœur d’une vaste zone bordée de bois. Les trois maisons d’arrêt – celle des hommes (MAH), celle des femmes (MAF) et le Centre des jeunes détenus (CJD) – constituent trois « citadelles » largement espacées entre elles, desservies par trois voies secondaires rejoignant un axe routier plus important.
Les architectes ont envisagé chacune des trois séquences construites comme un « seuil ». Le projet réunit à chaque fois un édifice, un parvis et le traitement paysager des abords. Il comprend l’équipement des espaces extérieurs – bancs, éclairages encastrés, caniveaux, plates-bandes de plantation, zones d’attente couvertes (préaux) et découvertes – et la conception du bâtiment proprement dit.
Celui-ci se caractérise par une totale continuité entre la façade et le parvis attenant. Le matériau utilisé est un bois brut imputrescible, mis en œuvre en façade sous la forme d’un lattis et au sol sous la forme d’un platelage ajouré. Par sa connotation « naturelle », ce matériau associe les constructions à leur contexte paysager plutôt qu’à l’architecture des maisons d’arrêt (en panneaux de béton). Dans le cas de la MAH, une allée centrale canalise le passage piétonnier le plus intense ; elle présente un revêtement de sol minéral de ton sable. En ce qui concerne la MAF et le CJD, le flux piéton se déploie le long des parvis en platelage de bois et se prolonge sur la longueur des parkings extérieurs sous la forme d’un deck également traité en bois.
Les halls de chaque maison d’accueil occupent la partie centrale des bâtiments. On y accède depuis un sas d’accès vitré et orienté vers les postes d’entrée principaux des établissements pénitentiaires. Ils distribuent l’ensemble des espaces extérieurs et intérieurs. Précédé d’une cour d’accueil créée par un élargissement du parvis général, chaque hall relie en diagonale la cafétéria de l’espace des libérés au jardin d’agrément. Il articule l’aile dédiée aux familles – qui tourne le dos aux enceintes pénitentiaires – à l’espace juridique et associatif qui s’oriente vers la maison d’arrêt.




