Sur le front de mer de Carantec se dessine la nouvelle vie d’un équipement ordinaire. Jean-François Madec prolonge l’histoire de cette salle de sport, héritage de l’architecture néobretonne aujourd’hui transformé en tiers-lieu intergénérationnel. Plutôt qu’un bâtiment fermé et cloisonné, il y a vu la promesse d’une place protégée du vent et de la pluie. Un lieu « à tout faire », parfaitement adapté aux besoins de la commune.
|
Maître d’ouvrage : Mairie de Carantec Maîtres d’œuvre : Jean-François Madec (architecte mandataire), Alexis Joubert (architecte associé), Armor Économie (économiste), Become 29 (ingénierie fluides), Technistructure (BET structure) Entreprises : Dilasser (charpente bois, bardage et serrurerie), Guivarch Plafonds (plafonds acoustiques), Miroiterie 4M (menuiseries extérieures), Chapalain (ventilation, plomberie, sanitaires), Lautech (électricité) Surface : 1 300 m2 Coût : 1,24 million d’euros HT Livraison : 2025 |
En 1979, l’architecte Guy Le Lann inaugurait une salle de sport face à la mer, sur l’arrière-plage du Kelenn à Carantec. Situé à proximité immédiate du centre-bourg, dans le périmètre de protection de l’église Saint-Carantec partiellement inscrite aux monuments historiques, l’équipement prend place dans un tissu marqué par la prédominance de l’architecture traditionnelle bretonne. Il en reprend les signes distinctifs, notamment la toiture monumentale à double pente en ardoise, régulièrement percée de lucarnes en losanges. Par ces dimensions, cet attribut lui confère depuis toujours un statut de repère, que l’absence de voisin direct vient renforcer. Comme tombé du ciel, le bâtiment semble avoir atterri là, entre mer et zone naturelle humide, faisant fi de toute logique urbaine. Son architecture divise, mais c’est pourtant ici qu’on se donne rendez-vous.
L’ensemble se compose d’un volume principal abritant un terrain sportif de 40 mètres sur 20 et d’un volume annexe en rez-de-chaussée où, sous une toiture-terrasse, étaient regroupés le hall et les vestiaires. L’usage de cette salle de sport a évolué au gré des besoins de la commune, avant de fermer ses portes en 2011. Durant une décennie, sa situation exceptionnelle face à la plage a régulièrement attisé la convoitise des promoteurs immobiliers, moins intéressés par la majesté de ce volume que par son emprise foncière (1 300 m2 au sol). La maire, Nicole Ségalen-Hamon, ancienne joueuse de handball, connaît bien la salle du Kelenn. C’est elle qui va porter la réhabilitation de ce bâtiment. En 2021, la réactivation de cette salle de sport est définitivement actée. Le programme se distingue par l’absence de fonction déterminée : « Un lieu où tout est permis à condition de respecter les lieux et les autres », résume la municipalité. Cette réflexion fut menée dans le cadre du PAF ! (Programmation active en Finistère), initié par le CAUE de la région pour accompagner les communes dans la définition et la (re)programmation de sites ou de bâtiments publics. L’objectif est de faire émerger des projets sur mesure, adaptés au contexte local et aux futurs usagers. (...)