Copyright : © Benoît Alazard

Le cinéma-théâtre Les 3 Pierrots à Saint-Cloud, construit il y a quarante-cinq ans et devenu obsolète, a fait l’objet d’une restructuration et d’une extension conduites par l’agence Studio 1984. Les architectes parviennent ici, grâce à un dispositif architectonique limpide, à rendre simple un équipement culturel à la morphologie complexe, hier caché dans la pente d’un talus ferroviaire et qui prend désormais place dans la ville. Ce projet faisait partie de la sélection des 33 projets nominés pour le grand prix de la critique d’architectures 2025.

 

Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Cloud

Maîtres d’œuvre : Studio 1984 (Jordi Pimas, Marina Ramirez, Jean Réhault), architecte mandataire

Entreprises : C2P (économiste) ; Wagon Landscaping (paysagiste) ; Tisco (structures) ; Emenda (fluides, thermique, HQE) ; 2IDF (VRD)

Surface : existante, 2 004 m2 SP ; rénovée : 417 m2 SP ; extension : 380 m2 SP

Coût : 4,364 millions d’euros HT

Livraison : 2024

 

Sur le coteau de Saint-Cloud qui domine la Seine et le bois de Boulogne, le cinéma théâtre Les 3 Pierrots est une institution culturelle municipale construite sur le talus ouest de la voie ferrée, à quelques encablures de la gare. Œuvre des architectes Durand et Mabileau livrée en 1981, cet édifice à la facture brutaliste souffrait d’un manque d’attractivité et de l’obsolescence de ses fonctionnalités. Dans sa parcelle étroite et escarpée, les architectes de l’époque avaient imaginé un bâtiment constitué de deux salles de spectacle de tailles inégales qui évoquent, toutes proportions gardées, la composition contiguë du théâtre antique et de l’odéon sur le site archéologique gallo-romain des pentes de la colline de Fourvière, à Lyon. Le public y accédait depuis la rue du Mont-Valérien par un gros escalier hélicoïdal extérieur qui descendait contre le mur de soutènement vers un hall d’entrée bien peu lumineux, tandis qu’une rampe excentrée conduisait les véhicules à une cour logistique située en contrebas, le long de la voie de chemin de fer. Seuls émergeaient, énigmatiques, les deux cylindres des salles, juste perceptibles depuis l’espace public. La configuration en cinq niveaux qui se déclinent dans la topographie en forte pente rendait l’équipement aussi peu visible que difficilement praticable, notamment pour les personnes handicapées. (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne