Dans la ZAC Ivry-Confluences, Raphaël Gabrion réalise son rêve d’architecte : 43 logements entièrement traversants face à la Seine. Un projet qu’il mûrissait depuis quinze ans, avant de l’approfondir davantage lors des études menées durant la pandémie. L’opération reflète les questionnements d’alors, ouvrant la voie à des typologies moins conventionnelles et à d’autres manières d’habiter.
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Maître d’ouvrage : Hibana Aménageur : Sadev Maîtres d’œuvre : Raphaël Gabrion (architecte mandataire), Carla Petrelli (cheffe de projet) Paysagiste : Vincent Lyon Paysage Entreprises : Kerexpert (BET fluides), 2R Ingénierie (BET structure), DAL (économie), Oasis (BETenvironnement + AMO), BJF (gros oeuvre), Franki (fondations), Daubigney (mensuiseries exterieures), ACPC (plomberie, ventilation), Sloveg (électricité), Alcides (parquetes, carrelages et peinture), DG Bâtiment (cloisons, doublages), K Entreprise (étanchéité), CTS (serrurerie), Bybstores (occultations), Geotp (paysage et VRD) Surface : 3 213 m² Coût : 7,8 millions d’euros HT Livraison : lauréat du concours 2020; livraison, août 2025 |
Devant les logements imaginés par Raphaël Gabrion à Ivry-sur-Seine, une question surgit d’emblée : face à la répétition de leurs plans standardisés dans toutes les ZAC de France, combien de promoteurs privés ont déjà osé une proposition aussi hardie ? Nouveau venu dans l’immobilier, Hibana est à l’initiative de cette réalisation aujourd’hui présentée comme une vitrine de ses ambitions architecturales naissantes. L’architecte a d’abord hésité avant de s’engager dans cette opération, après avoir traversé une période où les promoteurs l’avaient « essoré », dit-il, au fil de plusieurs projets de logements. Il en venait à se dire que le plus sage était peut-être d’en finir avec la commande privée.
Mais dans la ZAC Ivry-Confluences, conçue sur le principe de la « ville-parc », une opportunité a réveillé son envie d’en découdre. Sur l’îlot le plus convoité, quai Henri-Pourchasse, en proue sur la Seine, Raphaël Gabrion fait le pari de transposer un projet de jeunesse – une maison en Bourgogne dessinée en 2008 – en logements collectifs et soumet son plan « idéal » au risque de ne pas être retenu.En proposant cette typologie qui l’obsède sans avoir jamais eu la possibilité de la mettre en œuvre, il est finalement lauréat du concours en 2020. Il mène les études en plein covid – « Je n’avais plus de travail, donc beaucoup de temps » –, une période suspendue qui suscite alors une prise de conscience collective : les logements doivent être plus flexibles, plus lumineux, mieux ventilés et ouverts sur l’extérieur. (...)