Une partie de l’Histoire de France s’est écrite à Saint-Germain-en-Laye. Demeure royale avant d’être délaissée pour Versailles, le château de la ville reste le témoin de ce passé à l’essor incomparable. Plus tard, de nombreuses industries se sont développées le long de la vallée de la Seine. Dès le XVIIIe siècle, des usines textiles s’y installent. Lors de la deuxième révolution industrielle, les premières grandes zones d’activités sont créées.
Le site du projet connaît à la moitié du XXe siècle un redessin complet, passant d’un parc romantique à un parc moderniste où les vestiges du passé royal de la ville (Regard d’Hennemont, 1787) côtoient l’arrivée de familles enrichies par l’industrie (Château Saint-Léger, 1886) et par une économie tertiaire (bâtiment Jean Prouvé, 1952).
Le site du projet, ceinturé par une épaisse lisière boisée et principalement constitué d’espaces forestiers classés, s’inscrit pleinement dans le paysage végétal de la forêt domaniale de Saint-Germain-en-Laye. Le campus est délimité au nord par l’axe Paris-Caen et au sud par la rue de la Croix de Fer, qui mène à l’entrée principale du campus.
Les nouvelles constructions s’inscrivent dans une vision d’ensemble qui respecte l’identité de parc, participant ainsi à la redéfinition du campus. Elles s’articulent avec les bâtiments existants, créant un dialogue architectural où l’harmonie naît des interactions entre les volumes, à l’image des compositions suprématistes : c’est tout autant l’objet en soi que ses relations avec l’ensemble qui génèrent une véritable émotion.
L’ensemble des opérations architecturales nouvellement créées partagent un ADN commun : une géométrie abstraite et reconnaissable, des façades ouvertes sur le grand paysage, le langage de la trame, une matérialité biosourcée issue des filières courtes et locales, des démarches constructives low-tech, des procédés favorisant la préfabrication et la construction sèche, et des espaces intérieurs organisés en plan libre. Ces partis pris assurent la flexibilité, l’adaptabilité et la durabilité de l’architecture.
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Implantation et morphologie
L’école de design, située à l’extrémité orientale du site, bénéficie d’une visibilité significative dans l’espace urbain. En se distanciant par rapport à la limite est de la parcelle, un parvis public généreux se ménage, signalant l’entrée principale du projet et assurant une transition fluide entre le campus et la rue.
Sa volumétrie, simple et épurée, épouse la morphologie du site : un parallélépipède évasé coiffé d’une toiture à courbe concave. Ses lignes tendues agissent comme des traits d’union entre la ville, le parc, et les autres entités universitaires.
La pierre massive, choisie en écho aux monuments environnants de matérialité idoine et aux carrières locales, habille le projet et souligne son ancrage territorial. Les façades proposent un rythme régulier de 2 mètres —dimension standard des blocs de carrière —, et alternent à la manière d’un damier pleins en pierre et vides menuisés en bois, intégrant les châssis vitrés.
Un travail subtil d’affinement des trumeaux en pierre, dans l’élévation des façades, atténue la masse perçue du bâtiment et permet d’agrandir les surfaces vitrées en étage.
Façade sensible
La grande visibilité du projet à l’échelle territoriale et sa multi orientation ont conduit à traiter la totalité des façades avec la même attention et la même noblesse. La figure générale, la structure et la finition de l’enveloppe forment un tout parfaitement compréhensible. Cette logique de modularité et d’empilement tellurique conduit à une architecture simple, efficace et compacte.
L’épaisseur du complexe met en évidence un jeu d’ombres, auquel les panneaux menuisés participent. Cette vibration entre les différents plans de la façade accentue l’accroche de la lumière. Elle crée une diversité de perceptions du bâtiment en fonction des points de vue, de la saisonnalité et des heures du jour.
La mise en place d’une enveloppe thermique performante répond à la fois aux apports internes du bâtiment et à ceux de l’environnement extérieur. La façade présente un complexe d’une épaisseur totale de 80 cm, jouant un rôle majeur dans la gestion de l’ensoleillement, contribuant notamment à la protection solaire passive du bâtiment.
La construction présente une structure mixte bois/pierre, avec du béton limité au noyau central et au contreventement. La sobriété matérielle des façades repose sur une trame régulière, où le jeu de profondeurs et l’alternance de transparences et d’opacité animent les élévations.
Aménagement intérieur
Ces choix structuraux laissent libre l’aménagement intérieur et lui offrent une capacité d’adaptabilité et de réversibilité. La structure des planchers bois est magnifiée et devient un élément vecteur de qualité architecturale à part entière.
L’école de design bénéficie d’une structure en poteaux-poutre et d’un cloisonnement léger aisément modulable. Elle est ainsi capable d’absorber les évolutions de besoins et d’organisation, lui offrant ainsi une grande flexibilité d’usage.
Le rez-de-chaussée est fortement connecté à l’espace public et au paysage extérieur à l’est et au sud. Il abrite le hall de l’école accessible depuis le parvis et des locaux de convivialité. Ce hall, développé sur deux niveaux grâce à une vaste trémie et un escalier signal en colimaçon, invite à l’ascension, à l’élévation.
Les étages supérieurs abritent des espaces d’enseignement : les salles de classe et les espaces de travail, majoritairement orientés au sud, sont ainsi préservés des nuisances sonores de la route nationale. Les bureaux administratifs, quant à eux, sont situés au nord, dans la partie la plus étroite du bâtiment, profondeur adaptée pour ce type d’usage. Enfin, le sous-sol accueille un amphithéâtre et des salles informatiques éclairées naturellement par des cours anglaises richement végétalisées.
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École de design - iXcampus, Saint-Germain-en-Laye Adresse : iXcampus, 2 rue de la Croix de Fer, Saint-Germain-en-Laye (78100) Programme : École d’enseignement supérieur de Design Maître d’ouvrage : iXcampus Architectes : SAME, maîtrise d’oeuvre de l’école de supérieure de design (bâtiment F) et des surélévations (A et B), et Baumschlager Eberle Architekten, architecte mandataire du campus (bâtiments E et A4) Paysagiste : Djao Rakitine Landscape Architecture BET : AIA ingénierie, AIA environnement Acoustique : ART acoustique Surfaces : 2.400m² (SDP école de design) – 17.800m² (SDP extension campus) Calendrier : Concours : 2022 Livraison : T3 – T4 2025 Certifications & Labels : RE 2020, BBCA, RT 2012 Entreprise générale : Bouygues construction privée Fournisseur pierre : Carrières de Noyant Poseur pierre : Granits et Matériaux |


























