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L’exposition « Un paysage de l’excellence, trois figures de l’architecture française » inaugurée hier 21 mai, présentera jusqu’au 16 septembre les travaux de Frédéric Borel, Marc Barani, et de Jean-Marc Ibos & Myrto Vitart. Trois univers, trois écritures architecturales et trois manières d’exposer l’architecture se découvrent en un seul parcours, dans la galerie haute des expositions temporaires de la Cité de l’architecture à Paris. Tous trois ont reçu le « Grand prix national de l’architecture » et ont marqué de leur empreinte le paysage architectural français depuis les années 90.  

Francis Rambert, commissaire de l’exposition, a laissé à chaque équipe le soin d’élaborer la scénographie qui resituerait avec  le plus de justesse son parcours et sa manière de travailler. Exposer l’architecture est un exercice périlleux : les supports possibles sont multiples et il est parfois difficile de restituer un projet dans ses divers aspects sans le noyer dans une trop grande profusion de documents. Dans cette exposition, à chaque architecte correspond une scénographie. Borel, Barani, Myrto & Vitart ont pris le parti de ne pas « tout montrer », sélectionnant les supports les plus judicieux pour retranscrire fidèlement l’esprit de leur travail.


Frédéric Borel  inaugure l’exposition. L’architecte, qui conçoit ses bâtiments comme on façonnerait des sculptures, travaille beaucoup en maquette. C’est donc sans surprise que l’on découvre une scénographie constituée presque exclusivement de ces objets soigneusement conçus. La distinction entre projets réalisés ou non est brouillée : tous sont présentés dans leur état embryonnaire, aucun indice, photo ou information ne permettant de savoir si à la maquette correspond un bâtiment  bel et bien construit.


Pour Marc Barani, le site constitue la matière première du projet : avant de commencer à dessiner, il recherche les « nœuds » compliqués à délier, étudie l’héritage historique, les subtilités de la topographique, et tente de capter l’atmosphère du lieu. Cette dimension essentielle de son travail se trouve fidèlement restituée dans une expérience sonore : face aux plans des différents édifices, on s’imprègne, grâce à un casque, de l’ambiance de l’endroit où le bâtiment est construit.


L’exposition se termine par la scénographie très plastique du couple Ibos et Vitart. Des panneaux lumineux horizontaux, répartis uniformément, présentent les images de leurs projets dans une galerie dont le mur du fond, miroitant, donne l’impression qu’elle s’étend à l’infini. Ce trompe l’œil n’est pas sans rappeler la façade de l’extension du musée des Beaux-Arts de Lille, et plus généralement les jeux de transparences et de reflets qu’ils déclinent dans leurs projets.


On trouve peu de documents classiques, coupes, plans, ou axonométries, dans cette exposition, qui, partant des objets, se termine en sons et en images. Un fil rouge relie néanmoins les trois parcours : la découverte des bâtiments dans des films. Richard Copans promène sa caméra dans les projets de Frédéric Borel. Le vidéaste Christian Barani nous présente sur six écrans se faisant face, les bâtiments de son frère : leur chantiers, les alentours, et la vie qui s’y déploie une fois ceux-ci terminés. Interviews et visites des édifices d’Ibos et Vitart s‘alternent enfin dans une série de vidéos réalisées par l’écrivain, cinéaste, photographe et plasticien Alain Fleischer. Les critiques d’architecture Richard Scoffier et Dominique Boudet, et le critique d’art Colin Lemoine ont écrit les textes qui accompagnent les trois parcours.