Le 11 juin 2026, la ville de Saint-Étienne a ouvert les portes de la Galerie nationale du design. Située dans l’ancienne manufacture d’armes, la Galerie réhabilitée en 2025 par l’agence d’architecture lyonnaise SILT permettra au public de découvrir pour la première fois ce lieu emblématique de l’ancienne cité industrielle. L’exposition « Design en main. Du langage à l’objet », imaginée par l’historienne du design Laurence Mauderli, réunit jusqu’au 7 mars 2027 près de 400 pièces issues de collections publiques provenant d’une dizaine d’institutions muséales majeures françaises.
Imaginée par le designer Éric Benqué en collaboration avec l’atelier Pentagon, la scénographie de l’exposition se développe sur un système modulaire de carrés. Le parcours est libre et se déploie autour de six séquences distinctes questionnant pour chacune une expression populaire française construite autour du mot « main ». Pour Laurence Mauderli, commissaire de l’exposition, la main est au centre du design contemporain, et « [lie] pratiques traditionnelles et actuelles ». L’exposition ne se veut ni exhaustive ni chronologique.
La première séquence, « À mains nues, Saint-Étienne et la naissance du design », présente un territoire façonné entre charbon, armes et rubanerie. Elle introduit une sélection d’objets emblématiques locaux, de photographies du Stéphanois Félix Thiollier et de films conçus à partir des archives de la ville, cherchant à révéler le dialogue entre le travail à mains nues et l’émergence de formes industrielles. La deuxième, « Mettre la main à la pâte, De l’industrie à la société de consommation », explore l’essor de la société de consommation à travers les catalogues de Manufrance, témoignant de la standardisation des formes et du rapport entre objets et consommateurs. Intitulée « Avoir en main, Le designer-cueilleur, figure du XXe siècle », la troisième se déploie autour des designers détournant les objets du quotidien. Quant à la quatrième, « De main en main, Quand le design traverse les époques », elle explore la continuité des formes à travers le temps, depuis la préhistoire, constituant une mémoire collective. La cinquième « Perdre la main, La modernité et la disparition du geste » interroge la place croissante des machines dans notre quotidien et le délaissement du « faire soi-même » à travers un large ensemble d’appareils électroménagers. Enfin la dernière séquence, « Prendre en main, Le design face aux enjeux actuels », cherche à ouvrir de nouvelles perspectives et à replacer la main au centre du design. Elle met en avant des designers valorisant les ressources naturelles et les savoir-faire locaux tels que Studio Unfold, Lucile Viaud ou Fernando Laposse. L’ouverture de la Galerie nationale du design marque le début d’un cycle d’expositions, dont chaque édition sera confiée à un nouveau commissaire.