L’impression 3D a profondément révolutionné la production manufacturière en permettant de matérialiser directement des objets physiques à partir de fichiers numériques. Le designer Lucas Zito en a fait un élément central de sa pratique, utilisant la machine à la fois comme un outil et comme une signature. Sur les étagères de son studio s’accumule un véritable abécédaire tangible des données numériques, parfois généré de façon inattendue, autant de pistes pour de nouvelles écritures.
Diplômé de la Design Academy d’Eindhoven, aux Pays-Bas, Lucas Zito installe son studio en 2023 dans la fondation Fiminco à Romainville. Dans l’atelier se déploie une flotte d’imprimantes 3D, capable de produire jour et nuit luminaires et mobilier. Le designer modélise ses projets, sans phase de dessin préalable, directement en CAO (conception assistée par ordinateur). Dans ses créations, il accorde une large place à l’erreur et à l’inattendu liés aux processus de fabrication, jouant avec les multiples aléas de paramétrage et d’ajustement.
Face aux contraintes de dimensions d’impression, les projets sont développés sur la base de modules assemblés qui offrent au designer une grande liberté et capacité d’adaptation aux différents environnements. Enfin, la technologie d’impression 3D filaire (FDM) permet de produire les pièces rapidement, à partir d’un filament fondu couche après couche. La nature du filament utilisé est du PLA biosourcé, conçu à partir d’amidon de pomme de terre et de betterave, ou du PETG recyclé, issu de l’industrie. Avec l’aide de ses machines, le designer paramètre aussi bien les textures que les formes avec précision et rapidité, transformant la matière en une série d’objets fonctionnels et sculpturaux. www.lucaszito.com
© Adel Slimane Fecih
BUOY
La collection de luminaires Buoy, dérivé de l’anglais buoyancy (flottabilité), est le fruit d’un heureux hasard. Avant de devenir un luminaire, chaque élément imprimé en 3D avait été conçu pour tester et calibrer les machines, empilées et stockées dans un coin de l’atelier. La série Buoy se définit par une structure composée de quatre modules à assembler dans une grande variété de combinaisons. Ses courbes organiques, ses cannelures et sa transparence qui diffractent la lumière donnent à l’objet une esthétique presque diaphane. La série est fabriquée à partir de PLA biosourcé et dans une version plus sombre avec un fil PLA infusé au marc de café. Ultraléger, le modèle culminant à 320 centimètres ne pèse que 8 923 grammes, dont seulement 3 483 grammes de plastique. Une version Monumenta d’une hauteur de 3 mètres a été présentée au dernier salon Maison & Objet de janvier 2026, dans le cadre de l’exposition « Curatio ». Cette déclinaison permet d’atteindre des hauteurs architecturales qui sortent du cadre purement décoratif, et s’envisage à l’échelle d’un petit bâtiment. Buoy se décline en lampes de table, suspensions horizontales ou verticales, lampadaires, et donc désormais en version Monumenta. (...)