On estime que, depuis vingt ans, 95 % des
monuments de La Mecque de plus de 1 000 ans ont été détruits. En 1998, sur
ordre des muftis wahhabites, la tombe de Aminah bint Wahb (la mère de Mahomet),
était rasée au bulldozer et arrosée d’essence. On ne sait si ces destructions –
qui annonçaient celles de Daech –, sont davantage motivées par la pureté de la
religion ou par la plus vulgaire spéculation immobilière qui, en plein désert
arabique, a pris des proportions titanesques. Ahmed Mater, saoudien, est médecin
et artiste photographe. Sans volonté de juger, il documente à travers ces
photographies et des images tirées de ses vidéos la violence des
changements que subit la ville sainte depuis les cinq dernières années. Édité
par Catherine David, le livre est aussi accompagné d’entretiens réalisés par
Mater avec des acteurs locaux.
Desert of Pharan, Unofficial Histories behind the Mass Expansion of
Mecca, Ahmed Mater,
Lars Müller Publishers, 2016, 20 x 26,4 cm, 632 p., 60 euros.