C’est
une démarche conceptuelle qu’a construite Benoît Fougeirol pour approcher les
Zus – acronyme de zones urbaines sensibles. Sensibles sans doute parce
qu’elles démangent le corps social autant qu’elles rongent les territoires et
les vies. Sur onze d’entre elles, Fougeirol déploie méthodiquement plusieurs
modes de représentation, qu’il en soit l’auteur ou qu’il les revisite. Ce qui
fait zone, c’est d’abord un pourtour, qui donne lieu à un poème toponymique
composé du nom des voies qui la délimitent. Ce qui fait zone, c’est une tache
dans la carte et la conscience, un périmètre et des traits au 1/25 000, de
grandes barres vues du ciel, le cri muet des choses délaissées à hauteur de
photographie. Un constat sans pathos, l’œil ouvert, plus éloquent et plus efficace
que bien d’autres approches, qu’il critique en creux. L’ouvrage est la version
brochée d’une édition de tête, coffret rassemblant les cahiers non reliés et
susceptibles d’être exposés.(Zus), Benoît Fougeirol (artiste), texte de Jean-Christophe
Bailly, conception graphique de Jérôme Saint-Loubert Bié, X Artists’ Books,
Los Angeles, 24 x 30,5 cm, 352 p., 199 photographies
couleur, 11 en noir & blanc, 60 euros.