13 x 18 cm, 618 p., 25 euros.
En 2007, l’écrivain Thomas Clerc avait inauguré son odyssée parisienne avec un récit consacré au dixième arrondissement, dans lequel il habitait alors. Dix-sept ans plus tard, après avoir arpenté en détail son appartement dans Intérieur (2013) et Cave (2021), il reprend le même modus operandi, sorte de contrainte oulipienne déployée dans l’espace parisien : partant d’un point donné – son immeuble –, il agit en géomètre, sans théodolite mais avec stylo et carnet de notes.
C’est dire si cet arpentage ne laisse rien au hasard et n’a rien à voir avec une flânerie baudelairienne, ou plutôt benjaminienne, comme le titre du livre semble y inviter. Ici, c’est l’organisation quasi militaire du parcours qui ouvre, paradoxalement, aux surprises les plus étonnantes. Car les allers et venues, rythmées par les confinements pandémiques, sont aussi l’occasion de remarques ironiques, voire cocasses, alternant avec des indications historiques, parfois extrêmement érudites, ou de souvenirs personnels. Et aussi de rencontres de toutes natures, du barbier soudanais aux fumeurs de crack de la porte de la Chapelle, en passant par des cafetiers kabyles, des groupes de jeunes désœuvrés, des troupeaux de touristes suroccupés et des vieilles dames encombrées de paquets auxquelles, grand seigneur, l’auteur apporte son aide.