La Traversée de ma bibliothèque, Luca Merlini, Caryatide.
16 x 30 cm, 90 p., 35 euros.
Merlini dessine, écrit, raconte des histoires, le tout dans un style qui pourrait paraître naïf. Depuis quelque vingt ans, il a publié quatre ouvrages qui résistent à tout classement dans un genre défini ; leurs titres énigmatiques ne facilitent pas la tâche, mais les sous-titres sont plus explicites : « dits et dessins d’architecture », « quasi-fictions », « roman d’urbanisme », « trajectoires ». Il s’agit donc d’autant d’invitations au voyage dans des contrées parfois inexplorées : maisons longues, lune… et ici, d’une manière plus autobiographique, sa propre bibliothèque, en 43 livres scrupuleusement sélectionnés, de L’Iliade d’Homère à Ulysse de Joyce. Si le thème de « 320 pages, l’immeuble littéraire » avait déjà été exploré dans son livre précédent (Le XIQ, Métis Presses, 2017), il est désormais le sujet de cette délicieuse histoire dont Merlini est le narrateur et l’(anti)héros. Il est dès lors d’autant plus dommage que le format vertical et la reliure à la japonaise interdisent d’apprécier pleinement les dessins qui se déploient en longueur : on ne peut les voir en entier, puisqu’ils se trouvent à cheval sur deux doubles pages. Reste l’univers faussement ingénu de Merlini, dont le pouvoir évocateur séduit immanquablement le spectateur.