Stéphane Maupin, un créatif décalé qui ne s’est pas assagi et continue de détonner dans le paysage architectural français. Revenons sur son travail alors qu’il achève, dans le 17e arrondissement de paris, le Centre européen du judaïsme.
Son site présente les projets les plus farfelus: un immeuble à hélice pour la RATP, une favela jouxtant un cimetière, un musée en forme de boyau monté sur des échasses, un tapis reprenant une élévation de Jean Dubuisson, un couteau à lame rétractable, une tablette de chocolat à 10 euros... Et le personnage reste totalement insaisissable. Il vous parle des coups encaissés sur le ring, puis de ses amours malheureux. Il critique la génération de Mai 68 qui refuse de vieillir et dévoie la commande à son profit, puis prend un ton sérieux pour vous parler de sciences dures avant d’inonder de courriels insolents les boîtes mail de ses collègues de l’École d’architecture de Paris-Val de Seine, où il enseigne... Mais qui est donc Stéphane Maupin? Un boxeur, un éternel amoureux, un pleurnicheur, un savant, un super-méchant? Peu nous importe, c’est surtout un architecte qui a su poser en une quinzaine d’années les jalons d’une œuvre parfois provocante mais toujours inventive. Une œuvre teintée d’une ironie acide, voire même d’un certain cynisme immédiatement pondéré par une aménité non feinte.(...) (...)